Mahmoud Abbas a qualifié dimanche le génocide juif pendant la Seconde Guerre mondiale de « crime le plus odieux » de l’ère moderne, dans un communiqué publié dimanche, le jour où Israël commémore officiellement la Shoah.

Il s’agit de la condamnation la plus forte à ce jour de l’Holocauste par Abbas à qui il a été reproché dans le passé d’avoir émis des doutes sur l’ampleur du massacre des juifs.

Plusieurs ministres israéliens de droite ont accusé Abbas de défendre le terrorisme et d’être antisémite. En janvier, le ministre des Affaires stratégiques Yuval Steinitz a déclaré à Tel Aviv devant un groupe de réflexion sur la sécurité nationale que « si Abou Mazen (Abbas) ne finance pas le terrorisme, lui qui était négationniste dans sa jeunesse nie aujourd’hui l’existence même du peuple juif et son droit à un Etat. »

Steinitz faisait probablement référence à la thèse de doctorat d’Abbas, écrite au début des années 1980, qui remettait en cause le nombre de victimes juives ayant péri pendant la Shoah et dont l’intitulé était « La relation secrète entre les nazis et les dirigeants du mouvement sioniste. »

Abbas a également exprimé sa « sympathie pour les familles des victimes et pour les nombreux autres innocents tués par les nazis ».

« Ce qui est arrivé aux Juifs durant l’Holocauste est le crime le plus odieux qui soit survenu contre l’humanité pendant l’ère moderne », a-t-il dit dans ce communiqué diffusé par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Mahmoud Abbas a tenu ces propos lors d’un entretien la semaine dernière avec un rabbin américain, défenseur de dialogue entre musulmans et juifs.

« A l’occasion des commémorations incroyablement tristes de la journée de l’Holocauste, nous appelons le gouvernement israélien à saisir l’opportunité de conclure une paix juste et globale dans la région, basée sur une solution à deux Etats, Israël et la Palestine cohabitant côte à côte dans la paix et la sécurité », a encore affirmé Abbas.

Les pourparlers de paix relancés en juillet 2013 sous l’égide de Washington et qui n’ont enregistré aucun progrès notable ont été suspendus jeudi par les Israéliens au lendemain de la conclusion d’un accord de réconciliation entre l’OLP et le mouvement Hamas qui prône la « lutte armée » contre l’Etat hébreu.