Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a indiqué jeudi n’avoir pas reçu « l’accord-cadre » du secrétaire d’Etat américain John Kerry sur le processus de paix avec Israël, mais a espéré parvenir à un résultat « tangible » dans les négociations avant l’échéance de fin avril.

« Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu l’accord-cadre qui nous a été promis. Quand nous le verrons et le lirons, nous prendons une décision », a déclaré M. Abbas lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre britannique David Cameron à Bethléem, en Cisjordanie.

« Nous sommes convenus d’une durée de neuf mois pour les négociations et nous avons bon espoir de parvenir à un résultat tangible pendant cette période », a expliqué le président palestinien qui doit être reçu lundi à la Maison Blanche par son homologue américain Barack Obama.

« C’est la raison pour laquelle nous n’avons jamais discuté d’une prolongation des négociations, chose qui ne nous a pas été proposée », a-t-il ajouté.

M. Kerry, qui s’est rendu plus d’une dizaine de fois en Israël et dans les Territoires palestiniens ces derniers mois, doit présenter aux deux parties d’ici la fin avril un « accord-cadre » traçant les grandes lignes d’un règlement définitif sur les questions les plus sensibles: les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés.

Mais les négociations, relancées par le secrétaire d’Etat américain en juillet 2013 après trois ans de suspension, n’ont débouché jusqu’à présent sur aucune avancée concrètes, Israéliens et Palestiniens affichant publiquement leurs désaccords sur les principaux contentieux.

M. Kerry a dû reconnaître mercredi que le niveau de méfiance entre les deux camps était du « jamais vu » et qu’un règlement de paix, s’il restait « possible », était « difficile ».

En visite officielle dans les Territoires palestiniens pour la première fois depuis son élection en 2010, Cameron a pris acte des « sérieux désaccords » qui opposent Israël et les Palestiniens.

« En ce qui concerne la question de la méfiance entre dirigeants palestiniens et israéliens, de ce que j’ai vu ces derniers jours, il y a de sérieux désaccords sur des questions vitales qui devront être réglées s’il doit jamais y avoir un accord de paix », a observé M. Cameron.

« Ils devront pourtant prendre des décisions difficiles à accepter, et parfois impopulaires, afin d’obtenir cette paix. Il faut un compromis, et un compromis demande du courage », a-t-il plaidé.