Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas doit rencontrer le secrétaire d’État américain John Kerry à Washington, accompagné d’un haut responsable du Fatah. Ils veulent  montrer que les Palestiniens ont fait « toutes les concessions qu’ils pouvaient. »

Les réunions d’Abbas aux États-Unis se déroulent deux semaines après la visite du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le président de l’Autorité palestinienne rencontrera lundi le président américain Barack Obama.

Il y insistera sur « les principes et la légitimité internationale palestiniens, » a révélé son porte-parole Nabil Abu Rudeineh à l’agence de presse Wafa.

Abbas n’a pas fait de déclaration diplomatique avant son départ pour les États-Unis samedi, mais avait déjà souligné un nombre de « lignes rouges » pour la continuation des pourparlers avec les Israéliens.

Les Palestiniens veulent en effet le retrait des troupes israéliennes sur une période de quatre ans, la reconnaissance par Israël des frontières de 1967 comme base pour un État palestinien, et d’autres libérations de prisonniers.

Mais le point de désaccord le plus fragrant reste le refus d’Abbas de reconnaître Israël comme « État juif, » une demande qui semble avoir le soutien des Américains.

Cependant, Kerry a déclaré jeudi à la Commission des relations internationales du Congrès américain que l’insistance d’Israël sur ce point est une erreur.

Lors d’une conférence de presse en présence du Premier ministre britannique en visite, David Cameron, Abbas a indiqué que les Palestiniens n’avaient à ce jour reçu aucune demande de prolongation des négociations.

Mais selon des rapports israéliens, Abbas serait d’accord de prolonger les pourparlers à condition qu’Israël gèle les constructions en Cisjordanie et accepte de libérer davantage de prisonniers.

« Les Palestiniens ont fait toutes les concessions qu’ils pouvaient, » a affirmé dimanche le membre du comité central du Fatah, Mohammed Al-Madani, au Times of Israel.

Al-Madani est aussi l’officier de liaison d’Abbas avec Israël et la communauté juive. « C’est au tour d’Israël maintenant. »

Ces commentaires reflètent les remarques du ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, samedi, selon lesquelles le dirigeant palestinien « veut bien prendre, mais ne veut pas donner. »

Yaalon a affirmé à la Deuxième chaîne qu’Abbas « n’est pas un partenaire pour un accord final, qui inclut la reconnaissance des droits d’Israël en tant qu’État-nation du peuple juif, la fin du conflit et la fin de toutes exigences. Il [Abbas] le dit ouvertement. »

Netanyahu a accusé Abbas, la semaine dernière, de ne pas avoir bougé « d’un pouce » sur les demandes palestiniennes dans les négociations.

Abbas voyage avec le porte-parole Abu Rudeineh ainsi que le négociateur en chef, Saeb Erekat.

Le responsable du Fatah, Madani, n’avait pas d’informations quant à l’itinéraire précis du président. Il a cependant souligné que le président de l’AP rencontre traditionnellement des dirigeants de la communauté juive quand il se rend aux États-Unis.

Malgré l’importance du voyage pour les Palestiniens, l’attention du monde arabe se porte sur la crise en Syrie, alors que les forces du régime d’Assad, aidées par le Hezbollah, ont envahi la ville de Yabroud pendant le week-end.

Le renouvellement des pourparlers entre le gouvernement et l’opposition à Genève n’est pas en vue.

Pendant ce temps, le Fatah a organisé dimanche des manifestations en Cisjordanie en soutien à Abbas, rejetant « le pression exercée par la communauté internationale. »

Le Hamas à Gaza a arrêté 10 partisans d’Abbas, alors qu’ils tentaient d’organiser une manifestation.

Les autorités du Hamas ont confisqué des posters du président de l’AP et des drapeaux du Fatah, selon Wafa.

Les hommes « kidnappés » comprennent Naif Khuwaiter, l’organisateur de la campagne pro-Abbas, « Nous sommes avec vous. »