Dans un effort d’aider à trouver un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, l’Autorité palestinienne a proposé à l’Egypte d’ouvrir le point de passage de la frontière de Rafah sous la supervision des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Il s’agirait de déployer des forces palestiniennes le long du Couloir Philadelphie entre Gaza et l’Egypte

Israël ne s’oppose pas à l’idée de forces de l’Autorité palestinienne à Rafah, selon une source israélienne.

Le Hamas a exigé la réouverture du point de passage de Rafah entre Gaza et l’Egypte comme une des demandes clefs pour mettre un terme au conflit actuel. La proposition de cessez-le-feu égyptienne de mardi, acceptée par Israël et rejetée par le Hamas, évoquait seulement très vaguement une réouverture des points de passage.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas doit rencontrer au Caire jeudi le président égyptien Abdel Fattah el Sissi, et présentera une proposition de cessez-le-feu incluant une solution pour Rafah, selon les déclarations de sources palestiniennes au Times of Israel. Abbas doit également rencontrer jeudi, en Egypte ou en Turquie, l’adjoint du chef du bureau politique du Hamas, Moussa Abu Marzook, et discuter des termes d’un cessez-le-feu avec lui.

Abbas est arrivé au Caire mercredi avec un groupe de conseillers et certains chefs de forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Il doit rencontrer les représentants de la Ligue arabe et s’est entretenu avec le représentant du Quartet du Moyen Orient, Tony Blair, qui travaille également comme conseiller d’Al-Sissi.

Selon la proposition d’Abbas, les forces fidèles de l’Autorité palestinienne ne se déploieraient pas uniquement au point de passage de Rafah, mais tout le long du Couloir Philadelphie, la bande de terre de 14 kilomètres entre les frontières territoriales de Gaza et de l’Egypte.

L’Autorité palestinienne entend construire cette force plus large à Gaza parmi les rangs de la Garde présidentielle de l’Autorité palestinienne et les membres de la Sécurité nationale qui vivent à Gaza. Ils sont payés par Ramallah, mais ils n’ont rien eu à faire depuis que les forces d’Abbas ont été renversées par la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Les recrues potentielles ont déjà été informées de ce que l’on pourrait éventuellement leur demander.

L’Egypte avait clairement exprimé le mois dernier qu’elle n’était pas prête à rouvrir le point de passage de Rafah à moins que des forces loyales à Abbas y soient postées ainsi que le long de la frontière.

L’Autorité palestinienne veut également demander à Israël de travailler afin de faire fonctionner le point de passage à Erez, ici encore avec le déploiement de forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Cette démarche lèverait globalement le blocus de sécurité israélien sur la bande de Gaza.

Israël ne s’opposerait pas au déploiement de forces loyales à Abbas à la réouverture du point de passage de Rafah, selon des sources israéliennes.

Un haut responsable du Hamas a déclaré au Times of Israel mercredi que le Hamas n’excluait pas ces idées, « mais cela doit être fait en coordination et en consultation avec nous ».

La source a néanmoins insisté que le Hamas a d’autres exigences qui doivent également être acceptées afin d’obtenir un accord de cessez-le-feu, notamment la demande qu’Israël libère des dizaines de ses membres, libérés lors de l’accord Shalit de 2011, mais qui avaient été arrêtés par les forces israéliennes lors de la recherche des meurtriers de trois adolescents en Cisjordanie le mois dernier.