Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré qu’il était prêt à reprendre les négociations de paix avec Israël sans conditions préalables, se démarquant de ses déclarations le mois dernier excluant la possibilité de négocier une solution à deux Etats tant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était au pouvoir.

Dans une interview avec le média panarabe Al-Arab de Ramallah, Abbas a exprimé son soutien à une solution à deux Etats et à la paix avec Israël : « Je dis aux Israéliens : nos mains sont tendues vers vous pour que nous puissions vivre dans deux Etats. J’espère que vous ne couperez pas la main tendue vers la paix, car l’alternative sera dévastatrice pour tout le monde. »

Abbas a affirmé n’avoir « aucun problème » à revenir aux négociations avec Netanyahu en tant que représentant du peuple israélien – « sans conditions préalables ».

Le président de l’AP a également déclaré que le soulèvement populaire contre Israël était une forme légitime de résistance à l’occupation, et que si les Palestiniens reconnaissent Israël comme un Etat souverain, ils ne le reconnaissent pas comme un Etat juif – exigence clé imposée par Netanyahu. Abbas a ajouté n’être nullement hostile envers les Juifs, ajoutant que chaque fois qu’il rencontrait des délégations juives en Israël ou à l’étranger, il le mentionnait.

Abbas a averti que l’extrémisme islamique et le terrorisme qui ont englouti une grande partie du Moyen-Orient ces dernières années pourraient bientôt atteindre Israël, à moins qu’une solution ne soit trouvée à la « question palestinienne ».

Il a appelé Israël à adopter l’Initiative de paix arabe, menée par l’Arabie saoudite, dans laquelle Israël se retirerait aux frontières de 1967 en échange de liens normalisés avec les Etats musulmans.

Abbas a déclaré que les Palestiniens exigent à présent qu’en plus des États-Unis, la Jordanie et l’Egypte participent à la médiation de futurs pourparlers de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne.

Abbas a confirmé l’existence d’un dialogue indirect entre Israël et les hauts responsables du Hamas.

Selon Abbas, le Hamas aurait théoriquement approuvé une initiative diplomatique israélienne appelant à la création d’un Etat palestinien à Gaza sur des terres annexées à la péninsule égyptienne du Sinaï.

Le dirigeant palestinien a également déclaré qu’il a travaillé sans relâche pour négocier un cessez-le feu entre Israël et le Hamas pendant la guerre de 50 jours l’été dernier, affirmant que son appel au Hamas à arrêter sans condition tout tir de roquettes sur Israël est tombée dans l’oreille d’un sourd.

La veille des élections du mois dernier, Netanyahu a déclaré qu’un Etat palestinien ne serait pas établi sous son mandat, s’il était réélu, avertissant que toutes les zones qui tomberaient sous domination palestinienne pourraient par la suite devenir un bastion du Hamas.

Interrogé directement lors d’une interview si un Etat palestinien ne sera jamais établi sous sa gouvernance, le Premier ministre a répondu : « En effet. » Après les élections, Netanyahu s’est rétracté, affirmant qu’il soutenait toujours « une solution à deux Etats, pacifique et durable ».