Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas serait prêt à un compromis historique pour la paix, a déclaré lundi son porte-parole Nabil Abu Rudeineh.

Après la réponse musclée du Premier ministre Benjamin Netanyahu au discours à l’ONU de Mahmoud Abbas la semaine dernière dans lequel il a accusé Israël d’avoir mené un « génocide » dans la bande de Gaza, Abu Rudeineh a fait savoir que la solution devait être fondée sur les résolutions des Nations unies et l’Initiative de paix arabe, a rapporté la radio israélienne.

Il a également dit que la solution devrait inclure un Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, la fin immédiate de la « colonisation » et la levée du blocus de Gaza.

Plus tôt dans la journée, Benjamin Netanyahu avait comparé la récente campagne de bombardement de son pays dans la bande de Gaza aux frappes américaines en Irak et en Syrie, expliquant que le Hamas et l’Etat islamique avaient le même objectif expansionniste.

S’adressant à l’Assemblée générale de l’ONU, Netanyahu a accusé le Hamas d’avoir commis de « vrais crimes de guerre » à Gaza en utilisant des civils palestiniens comme boucliers humains.

Netanyahu s’est insurgé contre les dirigeants du monde qui ont condamné Israël pour sa guerre avec le Hamas, tout en saluant le président Barack Obama d’avoir attaqué l’État islamique et les autres groupes extrémistes en Syrie et en Irak.

Concernant la dernière guerre à Gaza, Netanyahu s’est demandé comment Israël pouvait être accusé de « génocide » alors qu’il a donné l’alerte à l’avance pour que les civils de Gaza fuient leurs quartiers.

Montrant une image d’un lance-roquettes du Hamas avec des enfants à proximité, le Premier ministre israélien a rappelé que le Hamas a caché des roquettes dans des écoles et des maisons et utilisé les civils comme boucliers humains.

Capture d’écran Benjamin Netanyahu àà l'ONU montrant que le Hamas a utilisé les enfants comme boucliers humains à Gaza (Crédit : YouTube)

Capture d’écran Benjamin Netanyahu à l’ONU montrant que le Hamas a utilisé les enfants comme boucliers humains à Gaza (Crédit : YouTube)

Israël « a tout fait pour minimiser les pertes civiles ; le Hamas a tout fait pour maximiser les victimes civiles, » a-t-il argumenté.

Dans son discours de vendredi, Abbas a déclaré qu’il allait poursuivre Israël pour « crimes de guerre ». Il a dit qu’il demanderait au Conseil de sécurité de l’ONU de dicter les règles de base pour toutes les négociations avec Israël, y compris la fixation d’un délai pour « le retrait israélien des territoires palestiniens ».

Plus tôt lundi, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman a déclaré qu’il était clair pour lui qu’Abbas n’avait pas l’intention de faire la paix avec Israël, qualifiant son discours aux dirigeants du monde de la semaine dernière de « message de haine et d’incitation à la haine ».

Liberman a également remis en question la légitimité d’Abbas à parler au nom du peuple palestinien, estimant qu’il ne contrôle pas la bande de Gaza, où le Hamas reste aux commandes et qu’il n’a fait que reporter les élections de l’AP depuis des années. Liberman a évoqué un Abbas qui a « perdu son chemin ».

Mohammed Ishtayeh, un proche d’Abbas, a répondu aux commentaires de Liberman, en affirmant que « si Liberman et son gouvernement cherchent la paix, pourquoi construisent-ils des colonies sur nos terres ? Ils n’ont laissé aucune terre sans colonies, aucune terre pour les Palestiniens ».

Ishtayeh a ajouté : « Liberman essaie de couvrir les crimes de guerre commis par son gouvernement à Gaza, mais nous avons préparé la liste des mises en accusation contre Israël en vue d’une action à la Cour pénale internationale (CPI) ».

L’Organisation de la coopération islamique, le plus grand bloc au monde de pays islamiques avec 57 Etats, a fait du lobbying auprès d’Abbas pour demander l’adhésion à des organismes internationaux, y compris la CPI.

Ce serait ouvrir la porte à des accusations de crimes de guerre contre Israël pour ses actions militaires à Gaza et la construction des implantations juives sur les terres que les Palestiniens réclament pour leur futur Etat.

Cependant, le discours d’Abbas n’a fait aucune mention d’une demande d’adhésion à la CPI ou d’un quelconque délai pour mettre fin à « l’occupation ».