Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a accueilli samedi le projet français de reconnaître l’Etat de Palestine si de nouvelles négociations de paix échouaient, et a prévenu que son peuple n’accepterait plus l’occupation israélienne ou les implantations.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé vendredi que Paris essaierait rapidement d’organiser une conférence internationale, dans l’espoir de permettre de nouvelles négociations de paix israélo-palestiniennes, mais qui si cet effort aboutissait à une impasse, Paris reconnaîtrait un Etat palestinien. Israël a immédiatement rejeté la proposition.

S’exprimant à un sommet des nations africaines à Addis Ababa, Abbas a critiqué « l’occupation », les implantations, et ce qu’il décrit comme une saisie par Israël des ressources naturelles palestiniennes. Il a également accusé le gouvernement israélien de refuser les efforts de paix de la communauté internationale.

« Nous ne pouvons pas accepter la situation actuelle, y compris l’occupation et les implantations », a-t-il déclaré, selon le site d’informations Maariv.

« Nous devons établir en état souverain dont Jérusalem Est sera la capitale », a-t-il déclaré selon l’agence de presse palestinienne officielle Wafa. « Nous n’accepterons pas de solutions temporaires. »

« Nous ne retournerons pas aux négociations juste pour le plaisir de négocier et ne continuerons pas à mettre en place unilatéralement de précédents accords », a déclaré Abbas au sommet. Les Palestiniens non plus « n’accepteront pas le vol de leurs ressources naturelles, et la non utilisation de nos terres ou de nos investissements pour ces ressources ».

« La région ne jouira ni de la sécurité, ni de la stabilité, à moins que l’occupation israélienne et les activités d’implantation ne cessent, a continué Abbas. Nous resterons ici sur notre terre et notre patrie, où nous avons développé notre identité culturelle et historique et fait des contributions humanitaires depuis des milliers d’années. »

Rencontre entre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius au Caire le 18 juillet 2014. (Crédit : AFP / PPO / Thaer Ghanem)

Rencontre entre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius au Caire le 18 juillet 2014. (Crédit : AFP / PPO / Thaer Ghanem)

Le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza est un dur rival du mouvement d’Abbas, le Fatah, a rejeté la proposition française parce qu’intenable, selon Ynet.

Ismail Radwan, haut fonctionnaire du Hamas, a déclaré que les appels de la communauté internationale à renouveler les négociations de paix étaient futiles et inacceptables. Le monde avait essayé de mettre en place des solutions qui ont déjà échoué, a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, des figures importantes de l’opposition israélienne ont déclaré samedi que l’ultimatum français était le résultat direct des échecs de la politique diplomatique de l’actuel gouvernement.

« Seule une initiative diplomatique israélienne permettra à Israël de garder le contrôle de son futur, et nous libérera de la pression internationale qui pèse sur nous, a déclaré Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste. Tant qu’il n’y aura pas d’initiatives de notre part, les Palestiniens continueront à gagner dans le monde. »

La dirigeant du parti Meretz (extrême-gauche), la députée Zehava Galon rencontre Mahmoud Abbas à Ramallah, le 22 août 2013. (Crédit : Facebook)

La dirigeant du parti Meretz (extrême-gauche), la députée Zehava Galon rencontre Mahmoud Abbas à Ramallah, le 22 août 2013. (Crédit : Facebook)

La présidente du parti de gauche Meretz, Zehava Gal-on, a accusé Netanyahu de faire un « doigt d’honneur » aux Français en rejetant immédiatement l’offre de Fabius.

Le rejet par le gouvernement de l’ultimatum français a cependant reçu le soutien du dirigeant du parti Yesh Atid, Yair Lapid, même s’il a accusé les dirigeants israéliens d’avoir érodé l’image du pays en Europe.

« Israël ne sera pas forcé à négocier. Nous ne serons pas traînés à la table des négociations par des menaces, a déclaré samedi Lapid lors d’un évènement culturel se déroulant dans le centre d’Israël. Aucune nation souveraine n’accepterait cela. »

Un officiel américain resté anonyme a aussi rejeté prudemment la proposition française, selon Reuters. « La position américaine sur ce sujet est claire. Nous continuons à croire que le meilleur moyen pour résoudre ce conflit est que les parties atteignent un accord directement [ensemble] », a-t-il déclaré.

L’AFP a contribué à cet article.