Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a discuté mardi à Ryad du processus de réconciliation palestinien et du plan de paix américain avec le roi saoudien Salman.

L’agence de presse officielle palestinienne Wafa a rapporté que M. Abbas a informé le roi saoudien des « derniers développements concernant la question palestinienne et des efforts américains pour faire avancer le processus de paix. »

Abbas a décrit également pour le roi « les développements dans le processus de réconciliation nationale pour mettre fin à la division [palestinienne] », a indiqué le rapport.

Le parti du Fatah d’Abbas, qui domine l’Autorité palestinienne, négocie actuellement avec le Hamas pour ramener le pouvoir de l’AP dans la bande de Gaza.

En application de l’accord de réconciliation signé le 12 octobre, le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza depuis une décennie a cédé début novembre à l’Autorité palestinienne le contrôle des points de passage de ce territoire vers l’Egypte et Israël.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontre le roi saoudien Salmane à Riyad, le 7 novembre 2017. (Crédit : Thaer Ghanaim / Wafa)

Les deux dirigeants ont également discuté des moyens pour développer les excellentes relations bilatérales de leurs pays, indique le rapport.

Le roi saoudien affirme le soutien de son gouvernement aux Palestiniens dans les forums internationaux, et de fournir « tout ce qui est nécessaire pour instaurer un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale. »

Abbas devrait rencontrer le jeune prince héritier d’Arabie Saoudite Mohammad Bin Salman plus tard dans la journée.

Le gendre du président américain Donald Trump et conseiller en chef pour le Moyen-Orient, Jared Kushner, a effectué une visite secrète en Arabie saoudite le mois dernier dans son dernier effort pour relancer les pourparlers de paix au Moyen-Orient.

Malgré de nombreuses réunions entre les responsables américains de l’administration actuelle avec les Israéliens et les Palestiniens, Washington n’a pas encore précisé comment il compte faire revenir les deux parties à la table des négociations depuis la rupture des négociations en 2014.

Abbas a été convoqué à l’improviste à Ryad lundi, alors que le royaume du Golfe était au sommet d’une répression majeure contre les membres de la famille royale.

Samedi, l’héritier du trône d’Arabie saoudite a supervisé une vague sans précédent d’arrestations de dizaines de princes, d’officiers militaires, d’hommes d’affaires et de ministres du gouvernement les plus puissants du pays. Certains d’entre eux sont des rivaux potentiels ou des critiques du prince héritier.

Pendant ce temps, l’Arabie saoudite a intensifié sa rhétorique contre l’Iran, affirmant que les missiles iraniens au Yémen « pourraient constituer un acte de guerre ».

L’Arabie Saoudite et l’Iran sont actuellement engagés dans une bataille pour l’hégémonie régionale, et se rejettent la responsabilité de la propagation de l’extrémisme à travers le Moyen-Orient.

Les Saoudiens ont également déclaré lundi que le Liban était considéré comme ayant déclaré la guerre au Royaume du Golfe, en raison de l’hégémonie politique du groupe terroriste soutenu par l’Iran, le Hezbollah, dans le petit pays méditerranéen.

La semaine dernière, les hauts responsables du Hamas se sont entretenus avec le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et les deux groupes terroristes ont déclaré partager les mêmes objectifs.

Ces derniers mois, le Hamas a affiché publiquement ses liens naissants avec l’Iran, et la République islamique a à son tour juré d’accroître son soutien militaire au groupe terroriste basé à Gaza.

Samedi, une délégation importante du Hamas s’est rendue à Téhéran pour la deuxième fois ces dernières semaines afin d’assister à un service commémoratif pour le père de Qassim Suleimani, commandant de l’élite de la Force Qods de la Garde révolutionnaire iranienne.

Le cadre du Hamas Saleh al-Arouri, deuxième à droite, rencontre le responsable iranien Hossein Amir Abdollahian, à droite, et d’autres hautes personnalités du Hamas au Liban, le 1er août 2017 (Autorisation)

Lundi, le journal panarabe Al-Rai, basé à Londres, a cité des sources palestiniennes qui ont déclaré qu’Abbas avait été convoqué à Ryad pour que les Saoudiens puissent lui demander de rejoindre une coalition anti-Hezbollah.

Toujours lundi, Abbas a rencontré le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi à Charm el-Cheikh, qui a déclaré qu’il restait déterminé à ramener les Israéliens et les Palestiniens à la table des négociations.