Une solution à deux états au conflit entre Israël et les Palestiniens est vitale pour battre l’Etat islamique (EI), a affirmé vendredi le roi Abdallah de Jordanie, déclarant que le conflit qui dure depuis des décennies ne bénéficiait qu’au groupe jihadiste.

« La communauté des nations ne peut pas parler de droits universels et de justice mondiale, et continuer à nier un Etat aux Palestiniens », a-t-il déclaré à la conférence sur la sécurité de Munich, un rassemblement annuel de dirigeants politiques sur la défense et les affaires étrangères.

« Cet échec a créé une injustice suppurante, et continue à être exploité par Daesh [acronyme arabe de l’Etat islamique] et ses semblables, a-t-il déclaré. Laissé irrésolu, le conflit israélo-palestinien deviendra un conflit religieux de dimension mondiale. Et ce n’est qu’une question de temps avant que nous devions faire à nouveau face à une autre guerre à Gaza ou dans le sud du Liban. »

« C’est pourquoi atteindre une solution à deux états devrait rester une priorité pour nous tous », a-t-il déclaré.

Abdallah a également rencontré le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon en marge de la conférence, pour des discussions en partie consacrées aux tensions entourant le contesté mont du Temple de Jérusalem.

Dans son discours, Abdallah a également appelé à une unité internationale pour combattre l’Etat islamique et son genre, déclarant que le combat contre les extrémistes islamistes était une « troisième guerre mondiale par d’autres moyens ».

« Reconnaissons que nous, ici et maintenant, faisons la prochaine guerre : une lutte nouvelle et complexe pour notre futur, a-t-il déclaré. J’ai appelé cette lutte une ‘troisième guerre mondiale par d’autres moyens’. Le fait n’est pas simplement que la menace est mondiale – bien qu’elle impacte dans les faits la communauté internationale. Mais les guerres mondiales partagent aussi autre chose : elles sont des agents de changements majeurs. Gagner ou perdre cette guerre mondiale façonnera les valeurs internationales et définira notre sécurité et notre mode de vie pour le 21e siècle. »

Le roi a déclaré que le monde musulman faisait face aux grandes menaces de l’EI et des autres organisations terroristes qui sont apparues dans le monde, mais a souligné qu’il s’agissait d’un danger pour le monde entier, et qui devait être traité comme tel.

« Nous ne pouvons pas réussir en nous contentant de combattre Daesh en Syrie ou en Irak tandis que d’autres organisations terroristes et des affiliés se renforcent en Afrique et en Asie. Il est temps pour un nouveau niveau d’action mondiale se concentrant sur nos ressources, coordonnant nos responsabilités et synchronisant nos efforts militaires et sécuritaires. Nos pays, nos institutions internationales, doivent travailler collectivement, comme une réelle alliance mondiale », a-t-il déclaré.

« Nous, en tant qu’arabes et musulmans, avons une responsabilité et un devoir pour mener le combat contre les Khawarej, les hors-la-loi de l’islam. C’est une guerre pour protéger notre religion, nos valeurs et le futur de notre peuple, a-t-il déclaré, mais le partenariat doit être mondial, tout comme sa portée est mondiale. »

Citant les réfugiés syriens qui se sont déversés dans son propre pays en nombre équivalent à ceux qui sont allés en Europe, Abdallah a ajouté : « Nos pays doivent être également engagés envers les idées qui nous unissent tous dans cette guerre ».

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel bin Ahmed Al-Jubeir arrive à l'hôtel Bayerischer Hof pour participer à la 52ème conférence de Munich sur la sécurité, le 12 février 2016. (Crédit : AFP / THOMAS KIENZLE)

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel bin Ahmed Al-Jubeir arrive à l’hôtel Bayerischer Hof pour participer à la 52ème conférence de Munich sur la sécurité, le 12 février 2016. (Crédit : AFP / THOMAS KIENZLE)

La Syrie arrive au premier plan de la conférence de cette année, à laquelle assiste également le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov et le Premier ministre russe Dmitry Madvedev, parmi d’autres.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi et le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir devaient également s’adresser à la conférence, ainsi que le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

A l’occasion de la conférence, les diplomates se sont accordés tôt vendredi pour atteindre une « cessation des hostilités » temporaire en Syrie d’ici une semaine, bien que les efforts pour sécuriser un plus long cessez-le-feu aient échoué.