Le Premier ministre jordanien Abdallah Nsour a déclaré mardi qu’Israël portait « l’entière » responsabilité de la mort d’un juge palestino-jordanien, tué lundi à un point de passage frontalier.

« Le gouvernement jordanien fait porter au gouvernement israélien l’entière responsabilité de ce crime hideux », a déclaré M. Nsour devant les députés réunis au Parlement pour discuter de la mort de Raëd Zeiter.

Selon l’armée israélienne, les soldats ont ouvert le feu sur lui après qu’il a « tenté de prendre l’arme d’un soldat israélien ».

Nsour a insisté: « Les excuses du gouvernement israélien ne justifiaient pas cet acte perfide ».

L’armée israélienne a affirmé que les conclusions préliminaires se fondaient sur des récits de témoins et que l’enquête de la police militaire était toujours en cours.

Le Premier ministre jordanien a indiqué qu’Amman avait obtenu de faire partie de l’enquête – demande que Netanyahu a acceptée.

« La Jordanie a fait pression sur Israël pour qu’il présente des excuses formelles. La Jordanie fait partie à présent de l’enquête sur ces tirs », a-t-il expliqué.

« La réaction de la Jordanie sur l’évolution de cette affaire dépendra de la position qu’adoptera Israël une fois obtenus les résultats définitifs de l’enquête », a-t-il ajouté.

Israël a exprimé ses « regrets » mais n’a pas présenté des excuses pour la mort du juge, tué lundi au point de passage du pont Allenby entre la Cisjordanie occupée et la Jordanie.

« Israël regrette la mort du juge Raëd Zeiter et exprime sa sympathie au peuple et au gouvernement de Jordanie », a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

D’après les premières conclusions de l’enquête militaire israélienne, le juge, âgé de 38 ans, s’est « précipité vers les soldats israéliens en criant ‘Dieu est le plus grand’ et en brandissant une barre de fer ».

« Il a tenté de prendre l’arme d’un soldat israélien, forçant les autres soldats présents à riposter en tirant en direction de ses jambes », a poursuivi l’armée israélienne, ajoutant que le juge avait alors « commencé à étrangler un soldat, obligeant les soldats à ouvrir le feu une nouvelle fois ».

La Jordanie a exigé que les soldats concernés soient punis.

« Nous n’épargnerons aucun effort pour dévoiler les mensonges d’Israël. Nous ne resterons pas silencieux à propos de ce crime ignoble », s’est élevé le président du Parlement, Atef Tarawneh.

« La position honorable et équilibrée de la Jordanie ne signifie pas qu’Israël peut poursuivre ses violations. Les Jordaniens sont patients mais leur colère ira au-delà de la douleur et du chagrin », a-t-il menacé.