Un haut responsable d’Abou Dhabi a accusé la télévision du Qatar Al Jazeera, dont la fermeture est demandée par l’Arabie saoudite et ses alliés arabes, d’antisémitisme et d’appels à la discrimination et à la haine.

Dans une lettre publiée mercredi, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères des Emirats Anwar Gargash répond à l’ONU, qui s’était inquiétée fin juin des appels à la fermeture d’Al Jazeera, y voyant une atteinte à la liberté de la presse.

« Al Jazeera a fait la promotion d’un antisémitisme violent en diffusant le prêche du chef spirituel des Frères musulmans Youssef al-Qaradoui dans lequel il a rendu hommage à Hitler, qualifié l’holocauste de ‘punition divine’ et demandé à Allah de prendre la bande du peuple juif et des sionistes (…) et de les tuer jusqu’au dernier », écrit M. Gargash.

La lettre, datée du 9 juillet et diffusée mercredi par le Conseil national des médias des Emirats arabes, accuse également Al Jazeera à travers d’autres exemples d’avoir « incité à la violence et à discrimination », comme en donnant la parole à l’ancien chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden.

Le 30 juin, le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Zeid Ra’ad Al Hussein avait jugé « inacceptable » la demande de fermeture d’Al Jazeera.

« L’exigence d’une fermeture (…) est, à notre avis, une attaque inacceptable du droit à la liberté d’expression et d’opinion », avait-il affirmé.

Zeid Raad Al Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, à Genève, le 16 octobre 2014. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Zeid Raad Al Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, à Genève, le 16 octobre 2014. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Cette fermeture fait partie d’une liste de 13 demandes formulées par les adversaires du Qatar –l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes et l’Egypte. Ces pays ont rompu le 5 juin avec Doha, en l’accusant notamment de « soutenir le terrorisme » et lui ont imposé des sanctions économiques.

Le Qatar nie ces accusations.