La proposition de cessez-le-feu égyptienne mise en discussion le 15 juillet comportait un préambule appelant le Hamas à reconnaître Israël dans les frontières de 1967 et à reprendre les pourparlers de paix, des conditions avec lesquelles le Hamas ne peut être d’accord, a clamé le vice-chef politique du mouvement.

Dans un post largement négligé sur Facebook, samedi, Moussa Abu Marzuk, le vice-chef du bureau politique du Hamas, basé au Caire, a affirmé que le Hamas ne pouvait « reconnaître la légitimité » des exigences internationales pour accepter Israël dans les frontières de 1967, « prérequis que la résistance refuse de reconnaître ».

« (Hamas) a subi l’occupation, le meurtre et les arrestations pour son refus (de reconnaître Israël). S’il avait accepté ces conditions à la suite de sa victoire aux élections de 2006, il serait entré à la Maison Blanche et reçu avec les tapis rouges dans toutes les capitales du monde » a écrit Abu Marzouk.

« Accepter cela maintenant signifierait qu’Israël et les Etats-Unis ont réussi à imposer la reconnaissance de l’existence légitime (d’Israël) dans les frontières de 1967 à travers une initiative de cessez-le-feu ; quelque chose qu’ils n’ont pas été capables de faire malgré l’occupation et les guerres répétées ».

Cela étant, la version arabe de l’initiative égyptienne de cessez-le-feu, publiée sur le site du Ministère des affaires étrangères égyptien ne fait pas référence aux frontières d’Israël ou à la reprise des pourparlers de paix.

Dans son message, Abu Marzouk a eu tout le mal du monde à expliquer pourquoi le Hamas a accepté un cessez-le-feu négocié par l’Egypte en novembre 2012, mais a décidé de rejeter la nouvelle initiative à présent.

La proposition égyptienne de 2014 a fait dépendre l’ouverture des points de passage frontaliers à Gaza avec l’état de sécurité ; une condition avec laquelle le Hamas ne peut pas vivre, a-t-il écrit.

« L’initiative (égyptienne) actuelle lie l’ouverture des points de passage avec la sécurité pendant que la région entière manque de sécurité » a-t-il écrit. « Cela signifie que les points de passage ne seront jamais ouverts. Dans la précédente initiative (en 2012) ce n’est lié à aucune condition ».

Accepter l’exigence égyptienne d’un cessez-le-feu immédiat laisserait le Hamas sans monnaie d’échange pour le cycle de négociations qui va suivre, explique-t-il.

« Nous croyons que l’initiative (égyptienne) a été rédigée pour embarrasser le Hamas. Pour que si le Hamas la rejette, cela donne le feu vert à Benjamin Netanyahu pour attaquer la bande de Gaza ; alors que si le Hamas l’accepte, c’est comme s’il se rendait et déclarait sa défaite, dès lors que nous n’aurons rien à mettre sur la table pour négocier. A ce moment, les résidents de Gaza auront tout perdu ».

Insistant sur le fait qu’il ne « pourrait toujours pas y avoir de solution sans l’Egypte », Abu Marzouk a cependant fait remarquer que l’Egypte avait drastiquement changé d’attitude vis à vis du Hamas depuis le renversement du Président Mohammed Morsi, des Frères Musulmans, en juillet 2013.

En 2012, l’Egypte « s’est tenue du côté de la résistance (Hamas) », avec le Premier ministre Hisham Kandil visitant Gaza alors que bombardée par Israël durant l’opération Pilier de Défense. Aujourd’hui, l’Egypte a qualifié les attaques du Hamas d’ « agression », un terme uniquement utilisé par Israël, déjà en 2012.

« Actuellement, malheureusement, la position (de l’Egypte) est différente. Les médias égyptiens ont lancé la guerre à la Résistance, accusant le Hamas de tuer la population Palestinienne et d’agir de concert avec Israël … alors qu’en réalité le Hamas avec les autres mouvements de résistance protègent leur population ».

Auparavant, les responsables du Hamas et ses médias expliquaient le rejet du mouvement d’une trêve humanitaire offerte par Israël en invoquant le fait que des mouvements temporaires affaiblissent l’esprit de combat des combattants du Hamas et dénigre les sacrifices palestiniens.

Vendredi, le Secrétaire d’Etat Américain John Kerry a présenté une nouvelle initiative de cessez-le-feu reprenant nombreuses exigences du Hamas. Israël a rejeté le projet, tandis que le Hamas n’y a pas répondu officiellement. Les Etats-Unis ont plus tard affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une proposition formelle.