Un groupe de dirigeants d’implantations et des représentants de familles endeuillées ont mis fin à leur grève de la faim ce vendredi, après être parvenu à un accord avec le gouvernement pour améliorer la sécurité des infrastructures en Cisjordanie.

Le président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, qui a chapeauté la manifestation devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem ces deux dernières semaines, a qualifié cet accord d’accomplissement majeur. Mais l’accord signé par président de la coalition David Bitan inclut des promesses déjà faites au conseil de Yesha le mois dernier.

Dans une lettre adressée à Bitan, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé cet accord par écrit, dans ce qui ressemble à une concession pour les manifestants. Il ne s’agit pas d’une approbation exhaustive sur les fonds demandés par les manifestants, dirigés par Dagan.

Dagan a qualifié ce jour d’historique. « Après presque trois semaines de protestations devant la résidence du Premier ministre, et 6 jours de grève de la faim, nous sommes parvenus à un accord avec le gouvernement », a-t-il dit. « C’est un accord qui garantit le financement des routes de contournement, qui sauveront des vies et augmenteront les mesures de sécurité sur les routes. »

Le nouveau document met par écrit la promesse de 800 millions de shekels. Cette enveloppe de sécurité fait partie du budget 2018 pour les routes et le développement des infrastructures en Cisjordanie.

L’accord met fin à un enlisement tendu. Quand, il y a trois semaines, cette promesse a été faite, Dagan et un autre maire d’implantation ont refusé de mettre fin à leur manifestation tant que les fonds ne soient transférés.

Lundi, il a semblé que Netanyahu ait fait marche arrière, indiquant aux grévistes qu’il avait alloué seulement 200 millions de shekels pour terminer les routes de contournement autour de Qalandiya et près de Beit Aryeh, au centre de la Cisjordanie, après un entretien avec le ministre des Finances Moshe Kahlon, et que les 600 millions de shekels restants, pour les autres routes et l’éclairage seraient ajoutés au budget 2019. Netanyahu a souligné qu’il devait « jeter les bases » avec la communauté internationale avant d’accepter un investissement de cette ampleur pour l’infrastructure de Cisjordanie.

Tente de protestation des dirigeants des implantations devant la résidence du Premier ministre, à Jérusalem, le 24 octobre 2017. (Crédit : autorisation de Miri Tzachi)

Dans le nouvel accord, le Premier ministre semble être revenu à sa promesse initiale. L’accord écrit stipule que 200 millions de shekels seront immédiatement transférés pour les routes de Qalandiya et de beit Aryeh, et que les 600 millions restants seront injectés en janvier 2018, pour les autres améliorations sécuritaires.

En plus des nouvelles routes, cette enveloppe incluera des antennes relais supplémentaires pour améliorer le réseau dans les zones rurales, davantage de lampadaires dans les rues peu éclairées, et le renforcement des bus blindées qui traversent la Cisjordanie.

L’ancien président du Conseil de Yesha, Avi Roeh, n’a pas été impressionné par les cris de victoires de Dagan. « On dirait qu’il s’agit du même accord que le nôtre, je ne vois aucune différence », a-t-il dit.

Dagan avait initialement averti que la manifestation ne prendrait pas fin tant qu’aucune décision financière n’était prise. Vendredi, il a accepté l’accord écrit comme une décision. Hadas Mizrachi, dont le mari Baruch a été tué lors d’une attaque terroriste, sur la route vers Hébron, a réagi à cet accord.

« Je suis contente que nous ayons eu une possibilité de faire quelque chose pour le peuple d’Israël », a-t-elle dit. « Pour empêcher que d’autres familles ne soient frappées par des évènements tragiques, comme la mienne. C’est une victoire pour nos esprits, et un cadeau pour les implantations que j’aime tant, et dans lesquelles j’ai grandi. »

Ces épreuves de force avec le Premier ministre mettent en évidence les divergences entre les dirigeants des implantations, notamment en les dirigeants du Conseil de Yesha, qui voulaient obtenir un financement via des négociations discrètes avec Netanyahu, et un groupe, ici mené par Dagan, qui a refusé de prendre Netanyahu au mot et qui a soutenu que les fonds ne pourraient être obtenus que grâce à la pression du public.