Les responsables de la défense israélienne se sont montrés fermement opposés à l’idée que les États-Unis démantèlent l’accord nucléaire avec l’Iran, se détachant ainsi du Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, selon un article publié vendredi.

Plusieurs sources, qui ont demandé à garder l’anonymat, ont confié au journal Haaretz que revenir sur l’accord avec Téhéran serait préjudiciable pour Israël et la région.

Le 15 octobre, Trump devra décider si l’Iran a violé l’accord nucléaire de 2015, et certains craignent qu’il abandonne l’accord, qui, selon ses partisans, peut empêcher Téhéran de construire une bombe nucléaire.

Netanyahu doit rencontrer le président américain Donald Trump lundi à New York et a déclaré qu’il allait encourager un retrait des États-Unis de l’accord ou que celui-ci soit amendé.

Mardi, depuis l’Argentine, Netanyahu a rejeté des informations récemment publiées qui affirmaient qu’Israël et l’Arabie saoudite n’étaient plus intéressés par le démantèlement de l’accord historique.

« Dans le cas de l’Iran, il y a eu des nouvelles sur la prétendue position d’Israël sur l’accord nucléaire avec l’Iran. Alors laissez-moi saisir cette opportunité pour préciser : notre position est simple. C’est un mauvais accord. Révisez-le ou abandonnez-le. C’est la position d’Israël », a déclaré Netanyahu.

Le directeur général de l'AIEA Yukiya Amano, à gauche, rencontre le président iranien Hassan Rouhani, à Téhéran, en octobre 2015. (Crédit : Mahmoud Hosseini/CC BY 4.0/WikiCommons)

Le directeur général de l’AIEA Yukiya Amano, à gauche, rencontre le président iranien Hassan Rouhani, à Téhéran, en octobre 2015. (Crédit : Mahmoud Hosseini/CC BY 4.0/WikiCommons)

Cependant, selon l’article de Haaretz, une grande partie de l’establishment de la défense israélienne s’inquiète que Trump puisse sortir de l’accord.

Des sources anonymes ont déclaré au journal que, en ce qui concerne la communauté des renseignements israéliens, l’Iran n’a violé aucune des clauses de l’accord au cours des deux années qui ont suivi sa signature. En outre, les renseignements n’ont aucune preuve que les Iraniens ont relancé leur projet nucléaire, ont indiqué les sources.

Les renseignements israéliens et les inspecteurs des Nations unies estiment que l’Iran veut respecter les termes de l’accord pour maintenir sa place dans la communauté internationale.

Les responsables de la défense, qui restent persuadés que l’accord existant a des lacunes, craignent que l’annulation de l’accord nucléaire ne laisse les États-Unis et Israël en dehors de la boucle sur le dossier sur l’Iran, a indiqué Haaretz.

Netanyahu et Liberman pensent que l’annulation de l’accord conduirait à une nouvelle imposition de sanctions sur le régime, selon l’article. Cependant, les responsables de la défense affirment que les autres puissances mondiales signataires de l’accord poursuivraient leurs relations avec l’Iran, laissant les États-Unis (et Israël) sans aucune possibilité d’exprimer leur position ou de surveiller les ambitions nucléaires de Téhéran.

Une source a précisé au journal que Netanyahu et Liberman sont persuadés que la communauté internationale est déjà profondément divisée, en particulier à la lumière des relations fragiles entre les États-Unis et la Russie, et qu’elle est incapable de faire quoi que ce soit face à l’Iran.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, de dos, pendant la visite de la division de Cisjordanie de l'armée israélienne, près de l'implantation de Beit El, le 10 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, de dos, pendant la visite de la division de Cisjordanie de l’armée israélienne, près de l’implantation de Beit El, le 10 janvier 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’establishment de la défense estime que les intérêts d’Israël seraient mieux servis si Trump travaillait à améliorer les termes de l’accord, plutôt que de se retirer, a expliqué l’article.

Le désaccord entre les politiciens et l’establishment de la défense en Israël rappelle la division similaire à Washington. Trump a critiqué l’accord mais certains de ses principaux conseillers pensent qu’il devrait le conserver.

L’accord, négocié par l’ancien président américain Barack Obama, prévoit que le gouvernement américain renonce aux sanctions pétrolières, commerciales et financières pour des périodes pouvant aller jusqu’à 120 jours, tant que Téhéran prend des mesures pour démanteler son programme nucléaire.