Les habitants du village bédouin partiellement démoli d’Umm al-Hiran ont trouvé lundi un accord avec le gouvernement qui verrait la construction d’un nouveau quartier pour les accueillir dans la ville voisine de Hura, dans le Néguev.

Umm al-Hiran a été le théâtre d’affrontements réguliers entre ses habitants et la police en raison de la démolition du village, ordonnée par le tribunal, et de sa reconstruction répétée par les habitants ces dernières années.

Selon un reportage diffusé lundi par la Deuxième chaîne, le gouvernement a annoncé qu’un accord avait été trouvé entre les habitants et l’Autorité publique chargée de la communauté bédouine. Il permettra d’offrir un logement temporaire aux 80 familles déplacées d’Umm al-Hiran à Hura, période pendant laquelle un quartier permanent sera construit pour eux dans la ville.

Le site temporaire sera prêt dans trois mois, selon Yair Maayan, chef de l’Autorité, qui a fait part de l’accord à la commission de planification du ministère de l’Intérieur supervisant l’urbanisme dans la région sud du pays.

Le cas d’Umm al-Hiran est considéré par de nombreux Bédouins israéliens comme le symbole de la négligence du gouvernement israélien et le reflet de ses politiques d’urbanisme racistes qui, selon eux, chercheraient à déposséder les Bédouins en faveur des villes juives dans la région. Ils ont pointé du doigt un projet gouvernemental portant sur l’établissement de nouvelles villes et villages dans tout le Néguev, qui comprendra la construction d’un village juif, Hiran, à proximité du site du village bédouin démoli.

Un policier israélien en train de protéger les bulldozers qui détruisent des maisons dans le village bédouin d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Un policier israélien en train de protéger les bulldozers qui détruisent des maisons dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Les urbanistes affirment pour leur part que le mode de vie semi-nomade des Bédouins – un grand nombre de membres de cette communauté vivent dans des campements non-planifiés, semi-permanents et qui ne cessent de croître – ne peut être durable en raison de la croissance rapide de cette population. Les quelques 300 000 Bédouins israéliens seraient la communauté ethnique dont la croissance est actuellement la plus forte au monde. Le gouvernement a poursuivi des politiques cherchant à urbaniser et à moderniser les communautés bédouines, notamment en transformant les campements en villes planifiées.

Le débat est marqué par une profonde défiance envers les initiatives gouvernementales et par des éclats de violence occasionnelles, notamment lorsque les forces de police sont arrivées dans les villages et les campements situés dans le sud de pays pour mener à bien des ordonnances de démolition.