Un tribunal bosnien a acquitté jeudi un ancien militaire serbe de Bosnie, Aleksandar Cvetkovic, inculpé de génocide et accusé d’avoir participé à l’exécution d’environ 900 musulmans lors du massacre de Srebrenica en 1995.

Cvetkovic avait été arrêté en 2011 en Israël et extradé deux ans plus tard vers la Bosnie.

« Inculpé de génocide, Aleksandar Cvetkovic est acquitté », a annoncé le juge Darko Samardzic.

Quelque 8 000 hommes et garçons musulmans ont été tués en juillet 1995 à Srebrenica par les forces serbes de Bosnie, la pire tuerie en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, que la justice internationale a qualifiée de génocide.

Les preuves et les dépositions des témoins « mettent sérieusement en doute les accusations du parquet (…) et lorsqu’il y a un doute, le tribunal doit trancher en faveur de l’inculpé », a expliqué le juge du tribunal de Sarajevo chargé de crimes de guerre.

Aleksandar Cvetkovic, 47 ans, avait été pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95) membre du 10e détachement de sabotage, une force d’élite sous commandement direct de l’état-major des forces serbes de Bosnie. Il s’agit d’une unité notoire dont des membres ont participé aux exécutions lors du massacre de Srebrenica (est), et dont certains ont été condamnés.

Le parquet l’accusait notamment d’avoir participé, avec plusieurs autres membres de son unité, à l’exécution le 16 juillet 1995 d’environ 900 musulmans de Srebrenica dans une ferme à Branjevo, à 70 km au nord de Srebrenica.

Le procureur s’appuyait sur les dépositions d’un témoin protégé et de Drazen Erdemovic, premier soldat serbe condamné pour le massacre de Srebrenica. Lui-même membre du 10e détachement de sabotage, Erdemovic a été condamné en 1998 à 5 ans de prison pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

Plusieurs membres de la même unité, reconnus coupables en appel en 2013 d’avoir participé aux exécutions à Branjevo, ont affirmé que Cvetkovic les avait conduit dans un fourgon sur place, mais qu’il était seulement le chauffeur et qu’il n’a pas lui-même tiré sur les prisonniers, a expliqué le juge.