Sheldon Adelson a désavoué lundi une campagne d’une organisation juive de droite qu’il finance, qui accuse le conseiller national à la sécurité américaine, H.R. McMaster, d’être anti-Israël.

Adelson, milliardaire pro-Israël philanthrope, ne joue aucun rôle dans la campagne de l’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA) et n’a aucun scrupule vis-à-vis de McMaster, a indiqué son porte-parole au site d’information Axios.

« Sheldon Adelson n’a rien à voir avec la campagne de la ZOA contre McMaster, n’en avait pas connaissance, et n’y a fourni aucun soutien. Il est parfaitement à l’aise avec le rôle joué par McMaster », a dit Andy Abboud.

La ZOA, l’une des rares organisations juives à presque constamment défendre le président américain Donald Trump, a publié jeudi dernier un rapport critiquant McMaster en demandant à ce qu’il quitte son poste.

La ZOA affirme que McMaster sape les objectifs de Trump au Moyen Orient ainsi que la relation israélo-américaine en renvoyant des fonctionnaires qui soutiennent l’Etat juif et critiquent l’accord nucléaire iranien, comme Ezra Cohen-Watnick, l’ancien responsable des renseignements du Conseil de sécurité nationale.

H.R. McMaster, conseiller américain à la sécurité nationale, pendant le Forum mondial 2017 de l'AJC, à Washington, D.C., le 4 juin 2017. (Crédit : capture d'écran)

H.R. McMaster, conseiller américain à la sécurité nationale, pendant le Forum mondial 2017 de l’AJC, à Washington, D.C., le 4 juin 2017. (Crédit : capture d’écran)

Le rapport de la ZOA a été publié alors que McMaster subissait une pluie de critiques venues des partisans d’extrême-droite de Trump. Nombre de ces attaques ont été publiées sur le site d’information d’extrême-droite Breitbart, qui était auparavant dirigé par l’actuel conseiller stratégique de la Maison Blanche, Stephen Bannon.

L’un des récents titres affirmait que McMaster était « profondément hostile à Israël et à Trump. »

Lundi également, le président de la ZOA, Morton Klein, proche de Bannon, a publié un communiqué de presse affirmant que David Friedman, l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, l’avait appelé et lui avait écrit pour tenter de le faire changer d’avis au sujet de McMaster, ainsi que du secrétaire d’Etat Rex Tillerson, dont Klein a également demandé la démission.

Selon Klein, Friedman a dit que la ZOA « se trompe dans ces derniers appels à la démission ou à la réassignation de deux personnes avec qui je travaille étroitement, le secrétaire Tillerson et le général McMaster. »

Axios a indiqué qu’Abboud avait rappelé après son premier commentaire, pour préciser qu’il n’avait pas pour but de suggérer qu’Adelson, donateur majeur des candidats républicains, dont Trump, soutenait McMaster. Son message, tel que publié, était : « Adelson ne connaît pas McMaster et ne se fait pas son opinion à son sujet. Adelson ne veut pas que son intervention soit interprétée comme un soutien politique, mais uniquement comme le fait qu’il n’a rien à voir avec la campagne contre McMaster, et qu’il ne la soutient pas. »