Un tribunal a ordonné jeudi que deux personnalités suspectées de faits de corruption dans l’achat de navires de guerre doivent rester en détention pour plusieurs jours, après que la juge a indiqué que des enquêteurs continuaient à découvrir de nouveaux éléments.

La détention de l’ancien directeur adjoint du Conseil de sécurité nationale Avriel Bar-Yosef et de l’homme d’affaires Miki Ganor a été prolongée jusqu’à lundi. Les enquêteurs soupçonnent que des pots-de-vin ont été versés dans le cadre d’une décision prise par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’acheter trois sous-marins au constructeur naval allemand ThyssenKrupp, et ce malgré l’opposition du ministère de la Défense.

Netanyahu n’est pas un suspect dans cette affaire mais son avocat personnel David Shimron est assigné à résidence et a été interrogé pendant plusieurs jours consécutifs.

Bar-Yosef, qui a joué un rôle central dans la recommandation de la transaction des sous-marins, est soupçonné de corruption, d’entente en vue de commettre une infraction, de fraude, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent.

Miki Ganor devant la cour des magistrats de Rishon Lezion, le 10 juillet 2017. (Crédit : Moti Kimchi/Pool)

Miki Ganor devant la cour des magistrats de Rishon Lezion, le 10 juillet 2017. (Crédit : Moti Kimchi/Pool)

Ganor, le représentant israélien de ThyssenKrupp est soupçonné de fraude, de blanchiment d’argent et d’entente en vue de commettre une infraction.

Selon le journal allemand Handelsblatt, Ganor aurait profité de 10 à 30 millions d’euros sur une transaction estimée à 1,5 milliard d’euros par le journal.

Ganor et Bar-Yosef ont tous deux été entendus pour la quatrième fois jeudi par l’unité de police anti-corruption Lahav 433, à Lod.

Un représentant de la police a déclaré à Ynet que Ganor était interrogé depuis son arrestation lundi, jusqu’à jeudi, à 3 heures du matin.

Lors de l’audience, la juge Einat Ron a déclaré que « l’enquête a évolué sur plusieurs aspects », suite à de nouvelles informations obtenues depuis l’arrestation des suspects, qui sont venues s’ajouter à celles disponibles avant les arrestations.

Elle a rejeté l’affirmation de la défense de Bar-Yosef, qui demandait sa libération parce que la quantité d’informations déjà publiée étant conséquente, il lui serait difficile d’interférer avec l’enquête.

« Je suis ravie de dire que la plupart des informations récoltées sont encore dans les dossiers de la police, où elles doivent être, et n’ont pas été publiées par les médias », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que la police avait encore beaucoup à enquêter, sur des dizaines d’actions dans le cas de Bar Yosef, et « au moins 50 actions » dans le cas de Ganor.