AFP – Les juges antiterroristes enquêtant sur l’affaire Merah n’ont reçu aucune réponse à la demande de coopération qu’ils ont adressée il y a plus d’un an à Israël, où le « tueur au scooter » s’était rendu, a indiqué lundi un avocat de la famille d’une victime.

C’est « assez surprenant dans ce dossier parce qu’on voit bien qu’il y a des relations très étroites entre les deux gouvernements à travers des commémorations », a estimé Me Olivier Morice à l’issue d’une rencontre avec les magistrats enquêtant sur les tueries de Toulouse et Montauban.

« Nous espérons que le gouvernement israélien va répondre […] parce qu’il est indispensable que les magistrats puissent être en possession de toutes les informations qui seraient susceptibles d’être à charge concernant Mohamed Merah, mais aussi sa famille », a-t-il poursuivi.

Avant de mourir le 22 mars 2012, Mohamed Merah s’était longuement répandu lors du siège de son appartement à Toulouse sur ses voyages à l’étranger. Il avait raconté au négociateur de la police des périples en Algérie, en Egypte, en Israël, en Irak et au Pakistan où il avait affirmé avoir rencontré des cadres d’Al-Qaïda. L’enquête a permis de confirmer plusieurs de ces voyages.

Pour Me Morice, il est important de comprendre comment Mohamed Merah est entré en Israël, où il avait été arrêté muni d’un couteau.

L’avocat s’est en revanche félicité de l’accueil positif par les Etats-Unis de la commission rogatoire internationale qui leur a été adressée.

« Il semble que les autorités américaines ont fait savoir qu’elles regardaient d’un oeil plutôt favorable cette demande de coopération notamment pour exploiter les mails de Mohamed Merah », a indiqué Me Morice.

Ces recherches visent à comprendre de quelle façon Merah a été en relation avec son entourage familial quand il était à l’étranger.

Trois personnes sont actuellement mises en examen dans cette enquête, dont le frère du tueur, Abdelkader, qui est incarcéré depuis fin mars 2012. Son éventuel maintien en détention provisoire sera réexaminé fin février.