Le secrétaire général de l’ANC, au pouvoir en Afrique du Sud, a comparé mardi les Combattants pour la liberté économique (EFF), parti radical du jeune tribun populiste Julius Malema, aux nazis, s’inquiétant de leurs structures paramilitaires et de leurs promesses à tout va.

« L’Afrique du Sud a (…) vu émerger un mouvement qui a les traits d’un mouvement fasciste, et c’est inquiétant de les voir utiliser l’anarchie et la destruction », a relevé Gwede Mantashe au cours d’une conférence de presse.

« L’anarchie et la destruction s’intègrent dans la partie paramilitaire de la stratégie, montrant des signes d’un mouvement rebelle en devenir, calculée pour déstabiliser la démocratie et les institutions », a-t-il ajouté.

« Ce mouvement utilise des uniformes pour mobiliser comme Hitler avait utilisé des chemises brunes dans les années 1930 », a remarqué Gwede Mantashe, reprenant à son compte une comparaison déjà faite depuis plusieurs mois par un certain nombre d’analystes et d’hommes politiques sud-africains.

Créés il y a un an par Julius Malema –l’ancien président des jeunes de l’ANC, exclu du parti dominant en 2012–, les EFF ont été organisés en une petite armée de révolutionnaires reconnaissables à leurs bérets rouges. Malema lui-même s’autoproclame « commandant en chef » du mouvement. Ils ont obtenu 6,35 % des voix aux législatives du 7 mai, et 25 sièges de députés (sur 400).

Rouvrant un débat de fond que la réconciliation des années Mandela avait étouffé, ils promettent aux Sud-Africains une « seconde libération », économique, pour les plus pauvres dont le sort ne s’est guère amélioré depuis l’arrivée de l’ANC au pouvoir il y a vingt ans. Ils réclament une redistribution des richesses du pays qui passerait notamment par la nationalisation des mines et la saisie des terres exploitées par les fermiers blancs.

Utilisant une rhétorique volontiers guerrière, les EFF se sont fait remarquer depuis les élections par l’adoption d’uniformes rouges d’ouvrier et de femme de ménage, que leurs élus portent tant au Parlement que dans les assemblées régionales.

Les élus régionaux des EFF ont d’ailleurs été exclus de l’assemblée du Gauteng –la province de Johannesburg– parce que son règlement intérieur interdit de telles tenues, et des affrontements ont éclaté mercredi avec la police jusque dans le bâtiment, où Julius Malema et une cinquantaine de partisans s’étaient engouffrés.

« Les nazis n’ont pas commencé en tuant des juifs, ils ont commencé en faisant des promesses », a encore relevé Gwede Mantashe mardi.