Le député de la Knesset a qualifié le ministre des Affaires étrangères d’Israël d’ « Etat islamique juif » après qu’Avigdor Liberman a déclaré que les citoyens arabes qui trahissent le pays devraient être décapités.

Ahmad Tibi, chef du Mouvement arabe pour le changement (Taal), a répondu lundi aux remarques faites la veille par Liberman à Herzliya, a rapporté le Jerusalem Post.

Tibi est député à la Knesset depuis 1999.

Liberman, qui préside le parti Yisrael Beitenu, a déclaré dans son discours : « Celui qui est de notre côté devrait tout avoir. Celui qui est contre nous, il n’y a rien d’autre à faire. Nous devons soulever une hache et supprimer sa tête, sinon nous ne pourrons pas survivre ici. »

Le ministre des Affaires étrangères a également déclaré que Umm al-Fahm, une grande ville arabe de Galilée, devrait faire partie d’un futur Etat palestinien et non d’Israël.

« Les citoyens israéliens qui agitent un drapeau noir le Jour de la Nakba peuvent partir, et je serais très heureux d’en faire don à [l’Autorité palestinienne dirigée par le président Mahmoud Abbas] », a-t-il ajouté, se référant à la journée, aussi connue comme « la catastrophe », où les Palestiniens déplorent le déplacement de leur peuple après l’indépendance israélienne en 1948.

Le lundi, plusieurs diplomates, y compris d’anciens ambassadeurs d’Israël en Afrique du Sud et en France, ont également condamné les commentaires de Liberman.

« Le diplomate numéro un d’Israël brandit une hache sur la tête des citoyens du pays qu’il représente, et dans le même souffle, il prêche dans le monde entier la lutte contre l’antisémitisme », ont regretté les diplomates cités par le Post.

Quant à l’Autorité palestinienne, elle a réagi mardi en condamnant les propos « racistes » de Liberman.

Le gouvernement palestinien a publié une sévère condamnation de « l’appel au meurtre raciste fait par l’extrémiste Liberman, qui a dit que les têtes des Palestiniens doivent être coupées avec une hache. C’est un appel clair à l’assassinat des Palestiniens et des Arabes et une campagne de nettoyage ethnique ».

« Le gouvernement palestinien souligne que la haine de Liberman nécessite que la communauté internationale le condamne, le boycotte et le traîne à la Cour pénale internationale pour ses exclamations terroristes, » pouvait-on lire dans le communiqué.