La priorité de toute intervention terrestre pouvant être engagée en Syrie doit être la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), a déclaré jeudi le ministre saoudien des Affaires étrangères.

« Le royaume d’Arabie saoudite a exprimé sa disposition à envoyer en Syrie des forces spéciales dans le cadre de cette coalition dans le but d’éliminer Daech (acronyme arabe de l’EI), c’est là la mission et là la responsabilité », a dit Adel al-Jubeir dans un entretien avec l’AFP à Ryad.

A plusieurs reprises ce mois-ci, le royaume saoudien s’est déclaré disposé à participer à une intervention terrestre si la coalition internationale anti-EI, commandée par Washington, en décidait ainsi.

M. Jubeir a souligné qu’il ne pouvait « pas spéculer » sur une éventuelle transformation des opérations anti-EI à plus long terme en actions militaires pour chasser le régime de M. Assad.

« Ce serait une chose sur laquelle la coalition internationale devrait prendre une décision. Pour l’heure, l’objectif d’une quelconque force terrestre ou de forces spéciales serait de combattre Daech au sol afin de lui prendre du territoire », a précisé le ministre saoudien qui s’est exprimé en anglais et en arabe.

Le Pentagne a confirmé mardi que l’Arabie saoudite avait repris sa place dans la campagne de frappes aériennes menée par les Etats-Unis contre l’EI.

L’Arabie saoudite faisait déjà partie de la coalition internationale qui combat depuis plus de 18 mois le groupe jihadiste en Syrie et en Irak, mais elle avait considérablement réduit son engagement en mars 2015 en raison de son intervention au Yémen voisin.

M. Jubeir a par ailleurs ridiculisé les déclarations du président syrien Bachar al-Assad qui a affirmé la semaine dernière, dans un entretien à l’AFP, son objectif de reprendre militairement toute la Syrie.

« Bachar al-Assad a dit beaucoup de choses depuis le début de la crise en Syrie. Beaucoup de ses propos se sont avérés irréalistes. En fait, c’est une personne qui a causé la mort de plus de 300.000 innocents, fait 12 millions de déplacés et détruit son pays (…) C’est clair que Bachar al-Assad n’a pas d’avenir en Syrie ».

Le président syrien Bashar el-Assad, le 12 février 2016 dans son bureau à Damas (Crédit : AFP/JOSEPH EID)

Le président syrien Bashar el-Assad, le 12 février 2016 dans son bureau à Damas (Crédit : AFP/JOSEPH EID)