Le ministre des Affaires étrangères de l’AP Riyad al-Maliki a déclaré lundi que l’Autorité palestinienne avait refusé de reporter le vote sur la reconnaissance de l’Etat palestinien au Conseil des sécurité de l’ONU à après les élections israéliennes du 17 mars, malgré les pressions internationales.

De son côté, le dirigeant palestinien Saeb Erekat a indiqué que la résolution sera prête « dans les prochains jours » et a nié que le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait exhorté les dirigeants palestiniens à repousser le vote.

Des rapports récents ont indiqué que Kerry avait fait pression sur les Palestiniens pour reporter le vote, craignant qu’il pourrait renforcer la droite israélienne le jour du scrutin.

Dans une interview exclusive avec le journal palestinien Al-Ayyam, al-Maliki a déclaré que l’AP avait examiné le calendrier de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU avec Kerry, et observé dans quelle mesure il était susceptible d’influencer sur les élections israéliennes.

« Mais nous étions complètement en désaccord avec Kerry sur cette question, a déclaré al-Maliki. Kerry pense que le vote du Conseil de sécurité aura un impact négatif sur les élections israéliennes et l’identité du vainqueur de ces élections. Nous avons dit, quant à nous, que le fait de voter aujourd’hui aura un effet positif. »

Al-Maliki a ajouté que les États-Unis comprennent parfaitement les circonstances entourant la candidature palestinienne.

Il a déclaré que l’AP allait bientôt examiner s’ils pouvaient obtenir les neuf voix dont ils ont besoin pour le soutien de la résolution au Conseil de sécurité, mais a souligné à nouveau que le vote ne serait pas repoussé à l’après 17 mars.
Washington a déclaré la semaine dernière qu’il opposerait son veto à la résolution dans sa forme actuelle, bien que les fonctionnaires aient indiqué que les États-Unis pourraient envisager des versions adoucies de l’offre, laquelle appelle à un retrait israélien aux lignes de 1967 d’ici 2017.

Un article de Foreign Policy publié ce week-end rapporte que lors du récent déjeuner annuel avec les 28 ambassadeurs de l’Union européenne, Kerry avait déclaré qu’un vote de l’ONU avant les élections israéliennes ne profiterait qu’à ceux qui s’opposent au processus de paix, comme Benjamin Netanyahu et Naftali Bennett.

Kerry a également laissé entendre que les États-Unis pourraient soutenir une résolution du Conseil de sécurité si le libellé était plus approprié.

Selon cet article, Kerry a déclaré que les Etats-Unis ne permettraient pas que la résolution soit soumise à un vote avant les élections israéliennes prévues pour le 17 mars.

Dans une interview à la radio militaire israélienne, Erekat a déclaré que le secrétaire d’Etat américain n’avait pas fait référence aux élections pour retarder le projet de résolution mais aurait insisté afin d’attendre pour parvenir à un plan de paix alternatif.

«J’ai entendu du secrétaire Kerry qu’ils avaient besoin de temps pour travailler sur une formule, qu’ils préparent un plan pour une solution à deux Etats. Mais je n’ai pas entendu Kerry dire que nous ne devons pas soumettre le vote avant les élections israéliennes », a affirmé Erekat.

L’ancien négociateur en chef palestinien a déclaré que les Palestiniens ont entamé lundi des «consultations techniques d’experts. Nous espérons, a-t-il ajouté, soumettre la résolution, qui est maintenant à l’étape de projet, au Conseil de sécurité dans les prochains jours. »

Dans l’article de Foreign Policy, un diplomate européen a affirmé : « Kerry a été très, très clair que pour les États-Unis, il n’était pas question de discuter d’un quelconque texte avant la fin des élections israéliennes. »

Le diplomate a également déclaré que Kerry aurait parlé d’une mise en garde de Tzipi Livni et de l’ancien président Shimon Peres sur le fait qu’un vote favorable de l’ONU « imposé par la communauté internationale, renforcerait Benjamin Netanyahu et les durs en Israël ».

Livni a été sévèrement critiquée par des hommes politiques de droite pour cette démarche auprès de Kerry. Elle s’est défendue et a dit qu’elle avait demandé au secrétaire d’Etat américain d’empêcher tout à fait le vote, et pas seulement de le retarder jusqu’après les élections.

Les Palestiniens ont présenté jeudi dernier un projet de résolution qui exige un délai de 12 mois pour parvenir à un accord de paix avec Israël et mentionne la fin 2017 comme date limite pour achever un retrait israélien de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

La Jordanie, qui a déposé la résolution, a déclaré la semaine dernière que cela prendrait du temps » avant qu’elle ne soit soumise au vote.