Le président Abdel Fatah el-Sissi a appelé à un plus grand soutien militaire américain afin d’éviter l' »effondrement » de l’Egypte, et a affirmé que ses relations avec Israël sont solides.

Dans un entretien avec le Washington Post publié jeudi, Sissi a estimé qu’il y a « un problème de communication » avec Washington, et que les États-Unis devraient se tenir aux côtés des Égyptiens dans la lutte contre l’extrémisme régional et l’État islamique.

« Il semble que nous ne pouvons pas faire porter notre voix d’une façon aussi claire que cela devrait l’être. Cependant, les dangers entourant cette région sont clairs, et je crois que les États-Unis suivent de près comment le terrorisme [la] menace ».

Le président égyptien a affirmé que les États-Unis ont la « responsabilité » de faire plus dans la lutte contre l’État islamique. Il a jugé que la campagne contre les militants ne peut pas seulement se faire depuis les airs, et qu’il doit y avoir des « bottes sur le terrain ».

Irrité par le blocage des réformes démocratiques égyptiennes, Washington a gelé depuis octobre 2013 une grande partie de son aide annuelle essentiellement militaire au Caire d’un montant de 1,5 milliard de dollars, demandant que davantage de progrès soient accomplis.

Néanmoins des hélicoptères Apache ont été livrés à l’armée égyptienne – un allié clé dans la lutte contre al-Qaïda et les militants islamistes réfugiés dans la péninsule du Sinaï.
 
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est arrivé jeudi au Caire pour la Conférence sur le développement économique de l’Egypte, et devait y rencontrer al-Sissi.

L’Egypte espère que la conférence des investisseurs étrangers pourra relancer son économie battue et manifestera un soutien international au Raïs qui combat des opposants islamistes radicaux.

Sissi a également abordé les relations actuelles de l’Egypte avec Israël, citant la permission donnée aux troupes égyptiennes de se déployer dans les zones démilitarisées de la péninsule du Sinaï comme un exemple de coopération positive.

« Avec la paix avec Israël, l’ambiance hostile et le scepticisme ont diminué. Il peut en être de même avec les autres pays arabes et Israël si une solution à deux Etats est atteinte ».

Révélant qu’il parle « beaucoup » avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, al-Sissi a exprimé son soutien pour la reprise de pourparlers de paix avec les Palestiniens.

« Je veux juste le rassurer que la paix [avec les Palestiniens] sera un accord historique pour lui et pour Israël, et que nous sommes prêts à aider à atteindre cette paix »,a-t-il dit.

Faisant ensuite allusion à des relations amicales avec Jérusalem, Sissi a dit que « nous devons comprendre la préoccupation israélienne » concernant l’accord sur le nucléaire qui prend forme entre les puissances mondiales et l’Iran.

Sissi a exprimé à maintes reprises lors de l’interview ses préoccupations sur les répercussions sur le Moyen-Orient d’un effondrement de son pays.

« Si ce pays tombe, toute la région glissera dans un cycle d’anarchie qui représentera un grave danger pour tous les pays de la région, y compris Israël, et qui s’étendra à l’Europe ».