La Turquie va intensifier ses contacts avec la Russie pour instaurer un cessez-le-feu dans la ville syrienne d’Alep, que le régime de Damas est sur le point de reprendre aux rebelles, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu.

« Nous allons intensifier nos discussions avec la Russie et d’autres pays, aujourd’hui, demain et chaque jour pour trouver une solution à cette tragédie humanitaire », a déclaré M. Cavusoglu lor d’une conférence de presse à Ankara avec son homologue tchèque.

« Nos efforts vont continuer, principalement pour permettre aux civils de partir et pour un cessez-le-feu », a-t-il précisé.

Dans le cadre de ces contacts, une réunion turco-russe devrait se tenir mercredi, a indiqué M. Cavusoglu sans préciser à quel niveau. « Demain ne sera pas une réunion spéciale », s’est-il borné à dire, démentant implicitement des informations de presse annonçant la tenue d’une rencontre « extraordinaire ».

M. Cavusoglu a affirmé que la Turquie travaillait avec toutes les parties, notamment la Russie et l’Iran sur le dossier d’Alep, tout en critiquant certains pays « hypocrites » qu’il n’a pas nommés.

« Nous avons vu Alep laissée seule et malgré des promesses de cessez-le-feu, nous voyons qu’elle continue d’être bombardée », a ajouté le ministre turc. « Même si tout le monde se tait, la Turquie ne se taira pas. »

Parlant lors d’une conférence de presse à Belgrade, le chef de la diplomatie turque Sergueï Lavrov a affirmé que les contacts entre Moscou et Ankara « sont efficaces et axés sur la coordination de nos pas en Syrie ».

« Ils sont très intenses et réguliers », a-t-il déclaré, cité par l’agence Ria Novosti. « Nous (…) travaillons avec tous ceux qui peuvent avoir de l’influence sur le terrain. Les présidents turc et russe se parlent régulièrement personnellement ou par téléphone. Ils discutent des questions qui restent à résoudre afin d’éviter la prolifération de la menace terroriste », a poursuivi M. Lavrov

La Turquie qui a appelé régulièrement au départ du président syrien Bachar al-Assad depuis le début du conflit s’est gardée de critiquer ouvertement les frappes menées à Alep par la Russie, avec laquelle les relations se sont normalisées depuis juin.

Dans un communiqué publié mardi, le ministère turc des Affaires étrangères s’est dit « horrifié » par les massacres de femmes et d’enfants à Alep « commis par les régimes et ses supporteurs ».

« Le régime a condamné la population d’Alep-est à vivre dans des conditions inhumaines en empêchant depuis des mois l’arrivée de l’aide humanitaire et en détruisant l’infrastructure civile, qu’il s’agisse d’hôpitaux, d’écoles, d’eau ou d’électricité », a ajouté le ministère.

M. Assad est un allié de la Russie qui lui fournit depuis un an une aide militaire. Celle ci a permis à l’armée syrienne de reprendre une grande partie d’Alep.

Les forces d’Assad ont annoncé que l’offensive d’Alep est dans sa « dernière phase » après avoir repris 90 % des quartiers-est tenus par les rebelles depuis 2012.