Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé lundi à l’unanimité, y compris la Russie qui soutient le régime de Bashar el-Assad, de déployer des observateurs onusiens à Alep pour y superviser les évacuations et évaluer la situation des civils.

L’adoption de cette résolution, proposée par la France, marque le premier signe d’unité depuis des mois entre les grandes puissances mondiales aux prises avec un conflit qui a déjà fait plus de 310 000 morts depuis mars 2011.

Le président français François Hollande a déclaré que la résolution de l’ONU « doit ouvrir la voie au cessez-le-feu et à la négociation. »

La Turquie dément tout « marché » secret avec la Russie

La Turquie a démenti lundi avoir conclu un quelconque « marché » secret avec la Russie concernant l’avenir de la Syrie, en dépit de la coopération croissante entre les deux pays sur ce dossier.

Les spéculations vont bon train depuis plusieurs mois sur une éventuelle entente secrète entre les deux pays, alimentée par le silence de la Turquie au moment où la Russie met les bouchées doubles pour aider le régime syrien à reconquérir la ville d’Alep des mains de rebelles.

La Turquie et la Russie ont entamé en août un processus de réconciliation après une grave crise diplomatique provoquée par la destruction par l’aviation turque d’un avion militaire russe survolant la frontière syro-turque en novembre 2015.

C’est d’ailleurs à la faveur d’un accord de cessez-le-feu parrainé par la Turquie et la Russie que les quartiers rebelles d’Alep sont évacués depuis jeudi, une opération à l’issue de laquelle le régime pourra reprendre le contrôle de toute la ville.

« Ce n’est pas comme ça que nous voyons les choses. Ce n’est pas comme si nous avions une sorte de marché. Nous ne voyons aucun lien », a déclaré à la presse un haut responsable du ministère turc des Affaires étrangères, parlant sous couvert d’anonymat.

Ces déclarations surviennent à la veille d’une réunion consacrée à la Syrie qui doit se tenir à Moscou mardi et à laquelle participeront les chefs de la diplomatie russe, turc et iranien.

Les ministres de la Défense des trois pays vont également participer à cette réunion, a indiqué lundi le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

« Les Russes ont proposé que la Turquie, la Russie et l’Iran se réunissent pour discuter d’une solution, dans un premier temps pour Alep mais qui pourrait être élargie à d’autres régions en Syrie », a expliqué le haut responsable.

La Turquie a lancé en août l’opération « Bouclier de l’Euphrate » dans le nord de la Syrie, visant deux groupes qu’elle considère comme terroristes : les jihadistes de l’organisation Etat islamique et les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), alliées des Etats-Unis dans la lutte contre l’EI.

En dépit du rapprochement avec Moscou, le responsable turc a affirmé qu’Ankara souhaitait toujours le départ du président syrien Bachar al-Assad.

« En aucune manière nous ne pourrons avoir des contacts avec le régime syrien », a-t-il insisté, démentant des informations de presse sur une rencontre secrète avec des représentants d’Assad.

« Avec les Russes nous nous sommes mis d’accord pour être en désaccord sur cette question », a-t-il ajouté.