Des responsables de la communauté musulmane en Allemagne ont annoncé qu’ils organisaient vendredi une journée d’action « contre la haine » dans plusieurs villes du pays, en réponse à un contexte de tensions dans le sillage du conflit israélo-palestinien.

Cette journée, baptisée « Musulmans contre la haine et l’injustice », se tiendra à l’appel du Conseil de coordination des musulmans, l’une des principales coordinations musulmanes d’Allemagne. Sont prévues diverses manifestations ou prières pour la paix.

Quelque 2 000 mosquées à travers l’Allemagne prendront part à cette journée, notamment à Berlin, Hambourg, Munich ou Hanovre, ont précisé mardi des responsables musulmans lors d’une conférence de presse à Berlin.

« Nous voulons donner un symbole de cohésion et de ‘vivre-ensemble' », a précisé Ali Kizilkaya, porte-parole du Conseil, en soulignant que, ces derniers mois, cinq mosquées avaient été prises pour cible en Allemagne.

Selon les responsables, cette journée s’inscrit contre tous les extrémismes. « En tant que communauté, nous devons nous mobiliser contre ces actes de haine envers des mosquées, églises, synagogues » ou n’importe quel lieu religieux. « Nous sommes tous concernés, il n’y a aucune différence à faire », a insisté Kizilkaya.

« Je suis juif si une synagogue est attaqué, chrétien si des chrétiens sont persécutés comme par exemple en Irak. Je suis musulman si des engins explosifs sont lancés contre » des mosquées, a souligné Aiman Mazyek, du Conseil central des musulmans.

« Nous musulmans ne voulons plus nous taire » lorsque l’Islam est utilisée de façon abusive, « quand il est confisqué par des criminels et des terroristes », a poursuivi Mazyek. « Nous voulons dire clairement que les terroristes et les criminels ne parlent pas au nom de l’islam (…) et qu’ils n’ont pas de place chez nous », a-t-il encore ajouté.

Interrogés sur les jeunes partis grossir les rangs des organisations islamistes comme l’Etat islamique (EI), à l’image de Kreshnik Berisha, jugé depuis lundi à Francfort, Zekeriye Altug a déclaré que « beaucoup ne sont pas socialisés dans nos communautés ».

« Les mosquées n’ont aucun contact avec ces jeunes là, sinon, elles pourraient les dissuader », a-t-il affirmé.