La droite populiste allemande a fermé à plusieurs grands médias la rencontre prévue le 21 janvier entre sa chef de file, Frauke Petry, et la responsable de l’extrême droite française, Marine Le Pen, suscitant des protestations jeudi.

L’AfD a refusé d’accréditer toutes les chaînes publiques allemandes, ainsi que les quotidiens Handelsblatt et Frankfurter Allgemeine Zeitung et les magazines Spiegel et Compact, a confirmé un responsable régional du parti, Marcus Pretzell, à l’agence allemande DPA.

Marcus Pretzell, par ailleurs époux de Frauke Petry, a accusé ces médias d’avoir une « couverture si orientée » de son parti qu’ils pourront « peaufiner leurs scénarios » sans accès direct à l’événement, qui se tiendra à Coblence (ouest).

Les journalistes concernés ne pourront donc pas assister aux discours de Mme Petry, de Marine Le Pen et du député néerlandais anti-islam du Parti de la liberté (PVV), Geert Wilders, prononcés devant près d’un millier de participants.

La conférence de presse prévue après ces échanges reste en revanche « ouverte à tous les journalistes », a précisé Marcus Pretzell à DPA.

Le rédacteur en chef de la chaîne publique ARD a déploré « une atteinte massive à la liberté de la presse », rappelant que cette convergence des populistes européens était « d’une grande importance » pour les prochaines échéances électorales, et se réservant la possibilité d’un recours en justice.

Le président de l’Association allemande des journalistes, Frank Überall, a lui aussi estimé que « les partis qui entendent forger l’opinion publique ne peuvent laisser les journalistes à la porte de leurs manifestations ».

L’initiative de cette rencontre reste controversée au sein même de l’AfD, toujours tiraillée entre une frange nationale-conservatrice, notamment incarnée par le tandem Petry-Pretzell, et un courant libéral-conservateur, qui refuse d’être identifié à l’extrême droite.

Certains dirigeants de la droite populiste allemande reprochent par ailleurs au FN sa ligne économique. « Le FN est en fait un parti socialiste », déplorait mercredi le patron de l’AfD à Berlin, Georg Pazderski, dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung.