L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti de la droite populiste allemande, a refusé lundi d’entamer une procédure d’exclusion à l’encontre de l’un de ses responsables qui avait déploré l’existence à Berlin d’un mémorial « de la honte » rappelant l’Holocauste.

Ces propos, qui ont provoqué un profond malaise dans un pays hanté par son passé nazi, avaient suscité des remous au sein de la direction de ce jeune parti tiraillé par des querelles à sa tête depuis sa création en 2013.

Mais à l’issue d’une conférence téléphonique de trois heures, la direction de l’AfD a décidé de s’en tenir à « des mesures disciplinaires » contre Björn Höcke, déjà connu pour des dérapages verbaux, selon des sources au sein du parti citées par les médias allemands.

« La direction fédérale (de l’AfD) prend acte que les déclarations de Björn Höcke le 17 janvier 2017 dans le cadre de son ‘discours de Dresde’ ont nui à l’image du parti », a souligné la co-présidente de l’AfD, Frauke Petry, citée par la télévision publique régionale MDR.

Frauke Petry, qui a rencontré samedi la dirigeante de l’extrême-droite française Marine Le Pen, avait jugé la semaine dernière que M. Höcke était « un poids pour le parti ».

Frauke Petry, responsable du parti Alternative für Deutschland, à Aschaffenburg, le 25 janvier 2014. (Crédit : blu-news.org/CC BY-SA 2.0/WikiCommons)

Frauke Petry, responsable du parti Alternative für Deutschland, à Aschaffenburg, le 25 janvier 2014. (Crédit : blu-news.org/CC BY-SA 2.0/WikiCommons)

Celui-ci avait affirmé que le Mémorial de l’Holocauste, impressionnant champ de stèle situé au cœur de Berlin, était « un monument de la honte ».

« Jusqu’à ce jour, notre état d’esprit est celui d’un peuple totalement vaincu (…) nous Allemands, notre peuple, est le seul peuple au monde qui a planté au cœur de sa capitale un monument de la honte », avait-il déclaré.

« Il nous faut rien de moins qu’un virage à 180° de notre politique de mémoire », avait-il ajouté.

L’Allemagne entretient le souvenir du plus grand de ses crimes par des commémorations, des monuments et a effectué depuis la fin du joug nazi un long et profond travail d’analyse de son passé.

Les propos de ce responsable régional de l’AfD avaient donc provoqué la réprobation générale au point que certains sociaux-démocrates l’avaient qualifié de nazi et accusé d’attiser la haine.

Il avait toutefois reçu le soutien d’autres cadres de ce parti créé comme une formation anti-euro et qui a depuis dérivé en un parti anti-migrants puis anti-islam et anti-élites.

Selon un sondage publié par Bild am Sonntag, 61 % des Allemands estiment que Höcke devrait être exclu de l’AfD.