La police allemande a mené mercredi une série de perquisitions chez des militants d’extrême droite soupçonnés de projeter des attaques antisémites, contre des réfugiés ou des policiers, a annoncé le parquet fédéral antiterroriste.

L’opération, qui a mobilisé 200 policiers, a eu lieu simultanément dans plusieurs régions, dont la capitale, Berlin. Elle visait six personnes suspectées d’être des membres fondateurs d’un groupuscule prêt à passer à l’action violente.

En lien principalement via les réseaux sociaux, ils sont soupçonnés « depuis le printemps 2016 d’avoir commencé à planifier des attaques armées contre des policiers et représentants de l’Etat, des demandeurs d’asile et des membres de la communauté juive », indique un communiqué du parquet fédéral.

Ce dernier a toutefois reconnu qu' »en l’état il n’existe pas d’éléments sur la préparation concrète d’une attaque ».

La chaîne de télévision publique ARD indique que des armes et munitions ont été saisies lors des perquisitions.

Selon l’agence allemande DPA, ces militants sont soupçonnés d’appartenir à la mouvance dite des Reichsbürger, les citoyens du Reich en allemand, des nostalgiques du IIIe Reich d’Adolf Hitler, qui rassemble quelque milliers de personnes.

Elle rassemble des néo-nazis, des adeptes de la théorie du complot et des déçus de la République aux croyances ésotériques.

Lors d’un précédent coup de filet contre ce mouvement en octobre, un policier avait été tué et trois autres blessés par un de ces activistes armé jusqu’aux dents à son domicile.

En août, un ancien vainqueur du concours de beauté « Monsieur Allemagne », âgé de 41 ans, se réclamant du même mouvement, avait ouvert le feu sur les policiers d’une unité spéciale venus l’expulser de sa maison à Reuden, dans le nord du pays, blessant deux agents. Il avait été grièvement blessé et arrêté.

Surveillés de longue date, les « Reichsbürger » ont été pendant longtemps surtout connus pour leur refus de reconnaître l’administration allemande, de payer leurs impôts, cotisations sociales ou amendes.

La plupart ont créé un Empire allemand fictif, incluant des territoires perdus par le pays au XXe siècle et doté de ses propres responsables auto-proclamés.

Selon des sources proches de l’enquête révélée mercredi, certains des membres du groupuscule s’appelaient entre eux « druides celtiques ».

L’un d’eux en particulier, druide auto-proclamé se mettant en scène sur internet dans la tenue traditionnelle des ministres du culte celtes, est soupçonné d’avoir joué un rôle moteur, selon ARD. Il appelait sur internet à la violence contre les musulmans et les Juifs.

Ces menaces sont prises au sérieux par les autorités notamment depuis une série de meurtres racistes, et un autre visant une policière, commis dans les années 2000 par une groupuscule néo-nazi. Une affaire qui a ébranlé le pays.

Selon le renseignement intérieur, le mouvement des Reichsbürger compte actuellement quelque 10 000 membres.

« Le mouvement dispose d’une importante force d’attraction et gagne toujours de nouveaux adhérents, a indiqué son directeur, Hans-Georg Maassen, à DPA, en s’inquiétant « d’une forte inclinaison à l’action violente et d’une agressivité en hausse ».