Une rencontre prévue le 21 janvier en Allemagne entre la candidate d’extrême-droite à la présidentielle en France, Marine Le Pen, et la co-présidente de la droite populiste allemande, Frauke Petry, a suscité mercredi des remous au sein de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

« Je trouve que le FN [Front national] ne nous correspond pas du tout », a estimé le patron de l’AfD à Berlin, Georg Pazderski, dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. « Le FN est en fait un parti socialiste. Moi, personnellement, j’ai des réserves », a-t-il ajouté.

A l’origine du rififi, selon le quotidien, la décision de Frauke Petry d’annoncer l’invitation de Marine Le Pen à participer à une conférence avec d’autres dirigeants de l’extrême-droite européenne le 21 janvier à Coblence, sans attendre que la direction de l’AfD ne donne son feu vert.

Jeune formation née en 2013, l’AfD, malgré de récents succès électoraux, est tiraillée entre plusieurs courants, notamment entre les partisans d’un discours très dur sur les musulmans et ceux plus « modérés ».

« Sur toutes les questions européennes, il y a des points communs avec le FN », a également réagi l’une des figures de premier plan de l’AfD, Alexander Gauland, connu pour des saillies fracassantes sur les réfugiés. « Je n’ai pas de jugement sur la politique intérieure prônée par le FN mais on me dit qu’il y a des courants fortement socialistes », a-t-il ajouté.

De fait, Frauke Petry avait jusqu’ici plutôt mis en avant les divergences avec le parti français d’extrême-droite sur les questions économiques, l’AfD ayant des positions plus libérales.

Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate à l'élection présidentielle française, pendant une conférence de presse, au siège de son parti à Nanterre, le 9 novembre 2016. (Crédit : Martin Bureau/AFP)

Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate à l’élection présidentielle française, pendant une conférence de presse, au siège de son parti à Nanterre, le 9 novembre 2016. (Crédit : Martin Bureau/AFP)

Mais selon la presse allemande, elle avait discrètement rencontré Marine Le Pen durant l’été en France et en septembre, Florian Philippot, vice-président du FN, avait assuré au Frankfurter Allgemeine Zeitung que les deux formations travaillaient à une étroite collaboration.

Leur alliance devrait être scellée le 21 janvier lors de cette conférence organisée par le groupe Europe des nations et des libertés (ENL) du Parlement européen, fondé en 2015 et situé à l’extrême droite de l’échiquier européen. Le Pen en est la co-présidente.

Doivent également y participer le député néerlandais anti-islam du Parti de la liberté (PVV) Geert Wilders, l’Italien Matteo Salvini de la Ligue du nord, et l’Autrichien Harald Vilimsky, secrétaire général du parti d’extrême droite FPÖ (Parti de la Liberté).