CHICAGO – Barack Obama monte sur l’estrade, prêt à clôturer son mandat présidentiel. Les températures inhabituellement élevées pour la saison rappellent le doux mois de novembre, lorsqu’il a prononcé son discours de victoire, il y a huit ans, près de Grant Park.

Mais pour beaucoup, la transition avec l’administration du président élu Trump aura sensiblement refroidi le climat politique et divisé la population.

À l’intérieur du McCormick Center, où Obama a prononcé son discours, la foule s’est montrée solidaire du président sortant. Le public était très hétéroclite, et ils étaient nombreux à avoir attendu de longues heures dans le froid pour obtenir un ticket d’entrée gratuit. Certains ont payé des centaines de dollars sur le marché noir pour avoir la chance d’être présent pour écouter l’ultime discours.

Obama n’a pas déçu ses fans. Son discours était centré sur la démocratie américaine et il a appelé le public à travailler ensemble, en dépit des différences.

« La démocratie n’est pas synonyme d’uniformité », a-t-il dit. « Nos pères fondateurs se sont disputés et ont trouvé un compromis, et ils attendent de nous que nous en fassions de même. Mais ils savaient que la démocratie requiert un certain esprit de solidarité… nous nous élèverons ou nous tomberons, ensemble. »

La foule l’a acclamé bruyamment durant le discours, et l’a couvert d’applaudissements. On pouvait entendre scander le slogan « 4 ans de plus » au milieu des larmes.

Le président Barack Obama, face à ses sympathisants, délivre son dernier discours à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

Le président Barack Obama, face à ses sympathisants, délivre son dernier discours à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

Le président a fait le point sur sa politique étrangère, notamment en évoquant l’assassinat d’Oussama Ben Laden, l’accord sur le nucléaire iranien. Et c’est dans un silence assourdissant qu’il n’a pas dit un mot sur Israël.

Pour les juifs présents, Obama a été un bon président, mais sa politique au sujet d’Israël en aura contrarié plus d’un.

Les tribunes étaient pleines lors du dernier discours du président Obama à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

Les tribunes étaient pleines lors du dernier discours du président Obama à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

« C’est le premier président avec lequel nous avons vu une vraie dissension entre Israël et les États-Unis », affirme Laura Cohen. « Il y a très clairement une disparité entre la politique d’Obama sur Israël et la politique israélienne. Pour de nombreux juifs américains, qui se sont sentis pris entre deux feux, la route n’a pas été facile. »

Judy Hoffman, de Chicago, a déclaré : « la position d’Obama sur Israël et la Palestine est saine pour Israël et pour les Israéliens. Une introspection énergique est nécessaire avant que le tissu social ne s’étiole ».

Jane et Esther Saks, au dernier discours d'Obama à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

Jane et Esther Saks, au dernier discours d’Obama à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

Jane Saks s’est rendue à l’événement avec sa mère, Esther. Elles sont des ferventes sympathisantes d’Obama, même si toute leur famille a voté pour Donald Trump.

Saks a dit qu’elle avait espérait qu’en plus « du réchauffement climatique et de l’économie, le Moyent-Orient aurait été une préoccupation centrale de la présidence d’Obama ».

Esther a ajouté : « J’ai l’impression qu’Obama a voulu éviter le conflit. Il a voulu tenté de résoudre le conflit de façon diplomatique plutôt que d’aggraver le conflit. Sa position vis-à-vis du vote de l’ONU est assez idéaliste. Je ne sais pas vraiment pourquoi il a fait ça, parce que l’ONU n’a jamais été très clémente vis-à-vis d’Israël. Mais il pensait peut-être qu’il n’avait pas d’alternative ».

« Je pense qu’il a été un excellent président pour Israël », affirme Marcia Balonick, directrice exécutive du Joint Action Committee for Political Affairs (JAC). « J’espère que les gens ne fermeront pas les yeux sur ce qu’il a fait de bien, simplement à cause du vote à l’ONU. Cela ne devrait pas disqualifier 8 ans de belles choses. »

Balonick était accompagnée d’Hollis Wein, directeur de la communication pour le JAC.

« J’espère que les gens ne fermeront pas les yeux sur ce qu’il a fait de bien, simplement à cause du vote à l’ONU. Cela ne devrait pas disqualifier 8 ans de belles choses. »

Wein s’est associé aux propos de Balonick. « Obama assurait les arrières d’Israël. Il comprenait l’importance d’entretenir des bons rapports entre les États-Unis et Israël. Trump, lui, est effrayant. Il veut une solution à un seul État, et ce n’est pas favorable au processus de paix. »

L’arrivée de Trump suscite un sentiment d’incertitude qui plane sur le Moyen-Orient, à part sans doute certains Iraniens récemment interrogés, et sur de nombreux juifs inquiets. Mais Brianne Dotts a ressenti que le président appelait à l’action.

Le président Barack Obama délivre son dernier discours à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

Le président Barack Obama délivre son dernier discours à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israel)

« Le discours d’Obama était un appel pour passer à l’action », dit-elle.

« Si j’ai peur de l’impact potentiel de Trump en tant que juif LGBT, c’est à moi de défendre les intérêts de mes idéaux. Le discours d’Obama m’a donné un regain d’énergie, je peux en faire davantage. »