Le gouvernement jordanien a affirmé mercredi qu’il était prêt à libérer une djihadiste irakienne emprisonnée dans le royaume en échange de la libération de son pilote retenu en otage par le groupe Etat islamique (EI), selon la télévision d’Etat.

La télévision cite le porte-parole du gouvernement Mohammad Al-Momeni affirmant que « la Jordanie est tout à fait prête à libérer la prisonnière Sajida Al-Rishawi si le pilote jordanien est libéré sain et sauf ».

L’EI a menacé mardi d’exécuter le pilote jordanien ainsi qu’un otage japonais si l’Irakienne n’était pas libérée dans les 24 heures.

La Jordanie exige des preuves que son pilote aux mains de l’EI est en vie

La Jordanie a exigé des preuves que son pilote capturé par le groupe Etat islamique (EI) était toujours en vie mais n’a pas encore reçu de réponse, a déclaré mercredi après-midi un ministre alors que l’ultimatum fixé par l’EI venait à expiration.

Dans une vidéo diffusée mardi, l’EI a averti qu’il exécuterait dans les 24 heures le pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh et l’otage Japonais Kenji Goto si la jihadiste irakienne, Sajida al-Rishawi, n’était pas libérée. Selon Tokyo, ce délai expire à 14H00 GMT.

Sur son compte Twitter, le ministre des Affaires étrangères Nasser Joudeh a affirmé à 14H50 GMT: « Nous avons demandé depuis un moment des preuves que le héros Maaz est en vie et en sécurité mais nous n’avons rien reçu ».

Dans une vidéo diffusée mardi, le groupe djihadiste EI a réclamé la libération sous 24 heures d’une djihadiste irakienne, Sajida al-Rishawi, emprisonnée en Jordanie, à défaut de quoi il menace d’exécuter le pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh et le Japonais Kenji Goto. Cet ultimatum expirerait à 14H00 GMT selon Tokyo.

« Les négociations sont toujours en cours. La Jordanie accorde la priorité à tout ce qui peut être dans l’intérêt du pilote et assure sa sécurité », a déclaré à l’AFP ce responsable qui a requis l’anonymat.

Sajida al-Rishawi est condamnée à mort en Jordanie pour sa complicité dans des attentats ayant fait 60 morts à Amman en novembre 2005.

Des sources officielles et militaires jordaniennes avaient souligné auparavant que dans l’enregistrement, l’EI réclame la libération de l’Irakienne en échange de l’otage japonais mais que l’organisation djihadiste ne mentionnait pas la libération du pilote. « En revanche elle menace de tuer les deux ».

Mardi soir, le père du pilote jordanien a exhorté les autorités à accéder aux demandes des ravisseurs, lors d’une manifestation de dizaines de membres des tribus de Karak (sud) dont est originaire le pilote, devant le siège du gouvernement à Amman.

« Nous réclamons le retour de Maaz. Nous avons une seule requête, le retour de Maaz à n’importe quel prix », a dit Safi el-Kassasbeh.

« Les autorités s’étaient montrées rassurantes disant avoir des contacts au sujet de la libération de notre fils », mais « nous n’avons reçu aucune indication d’elles après la dernière vidéo », a-t-il dit.

« Nous sommes tous Maaz », était écrit sur des photos de l’otage brandies par les manifestants parmi lesquels la mère de l’otage jordanien.

Maaz al-Kassasbeh a été capturé le 24 décembre après le crash de son F-16 au dessus de la Syrie, où il menait un raid sur des positions de l’EI dans le cadre de la coalition internationale antijihadistes. Kenji Goto est un journaliste indépendant, vraisemblablement retenu depuis fin octobre en Syrie.

Le Premier ministre japonais a jugé mercredi « ignobles » les menaces du groupe Etat islamique à moins de 12 heures de l’expiration d’un nouvel ultimatum qui somme la Jordanie de libérer une kamikaze irakienne pour sauver la vie de l’otage nippon Kenji Goto et d’un pilote jordanien.

« Ce sont des menaces tout à fait ignobles et je ressens une profonde indignation », a déclaré Shinzo Abe aux journalistes à l’issue d’une brève réunion de son gouvernement.

Et d’ajouter : « nous sommes dans une situation extrêmement difficile et j’ai demandé aux ministres d’agir de façon unie pour faire libérer au plus tôt M. Goto », retenu par les djihadistes.

En visite à Amman pour tenter de trouver une issue, le vice-ministre des Affaires étrangères, Yasuhide Nakayama, a affirmé mercredi matin aux journalistes : « En ce moment, je n’ai pas de nouvelles informations ».

Il a ajouté que les discussions se poursuivaient et refusé de donner des détails.

Dans une précédente vidéo publiée le 20 janvier, l’EI réclamait au Japon une rançon de 200 millions de dollars sous 72 heures pour relâcher Goto et un autre otage japonais Haruna Yukawa. Faute d’avoir obtenu satisfaction, le groupe avait annoncé samedi avoir exécuté Yukawa et réclame depuis la libération de la prisonnière irakienne.

« M. le Premier ministre, je vous en prie, sauvez la vie de Kenji, continuez de négocier avec le gouvernement de Jordanie », a supplié la mère de M. Goto, Junko Ishido.

Les nouvelles exigences de l’EI, accompagnées d’un ultimatum très court de 24 heures et mises en ligne mardi sur les sites djihadistes, se présentent sous la forme d’une photo de Kenji Goto tenant la photo du pilote jordanien capturé par l’EI.

La voix supposée de Goto formule les menaces des ravisseurs qui exigent la libération d’une Irakienne condamnée à mort pour terrorisme en Jordanie.

« Nous vérifions encore l’authenticité du document, mais pour le moment rien ne dit que ce puisse être un faux », a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement, Katsunobu Kato, lors d’un point de presse.