Le parti terroriste palestinien du Hamas, qui est en train de se réconcilier avec l’Autorité palestinienne, doit reconnaître l’existence d’Israël, a plaidé mercredi l’ancien ministre des Affaires étrangères égyptien Amr Moussa, dont le pays est aujourd’hui hostile au Hamas.

« Le Hamas doit déclarer qu’il accepte l’initiative de paix arabe de 2002 qui forme le plan de normalisation et de reconnaissance de l’Etat d’Israël, ainsi que la mise sur pied d’un Etat palestinien et le retrait des Territoires occupés », a dit M. Moussa, qui fut également secrétaire général de la Ligue arabe, devant des journalistes à Washington.

L’initiative de paix arabe avait été lancée en 2002 par l’Arabie saoudite, puis endossée par la Ligue arabe.

Elle propose à Israël une normalisation des relations avec les pays arabes en échange de son retrait des territoires occupés depuis juin 1967, la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et d’un règlement « équitable et agréé » de la question des réfugiés palestiniens.

Cette initiative avait été réactivée fin avril 2013 — avant la relance des négociations directes israélo-palestiniennes — par le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le Qatar, proposant un « échange mineur de territoire comparable et mutuellement accepté » entre Israël et les Palestiniens.

Le Hamas avait rejeté cette initiative il y a tout juste un an.

Mais si le parti islamiste au pouvoir à Gaza l’acceptait, cela « serait un pas majeur vers la formulation d’une politique palestinienne à l’égard du conflit israélo-palestinienne », a plaidé M. Moussa, qui préside aujourd’hui la commission constitutionnelle égyptienne.

M. Moussa, qui dirigea la diplomatie égyptienne de 1991 à 2001 puis la Ligue arabe jusqu’en 2011, est un proche du maréchal Abdel Fattah al-Sissi, favori de la présidentielle de la fin du mois en Egypte.

Ce dernier, interrogé mardi pour savoir si le Hamas était devenu « l’ennemi » du Caire, celui qui a destitué le 3 juillet le président islamiste Mohamed Morsi, s’est borné à appeler ses compatriotes à ne pas laisser leurs « sentiments contre le Hamas affecter notre (…) défense de la cause palestinienne ».

Pris à la gorge par le blocus d’Israël contre Gaza et la fermeture de la frontière avec l’Egypte, le Hamas a accepté fin avril la réconciliation aux conditions du président palestinien Mahmoud Abbas afin d’assurer sa survie à terme, quitte à céder le pouvoir, selon des analystes.