L’ex-épouse de Dominique Strauss-Kahn, Anne Sinclair, s’exprime pour la première fois à la télévision sur l’affaire du Sofitel de New York dans un entretien qui sera diffusé mardi soir, assurant qu’elle ne savait rien des frasques attribuées à l’ex-patron du FMI.

La journaliste, actuellement directrice éditoriale du Huffington Post français, a choisi de répondre aux questions de France 2 à l’issue d’un documentaire qui lui est consacré, intitulé « Anne Sinclair, le prix de la liberté ». Des extraits ont été diffusés mardi par les médias.

« Ecoutez, vous me croyez ou vous ne me croyez pas, mais je ne savais pas », confie-t-elle dans cet extrait rendu public par la radio Europe 1.

« Quand j’ai épousé Dominique, je savais que c’était un charmeur, que c’était un séducteur », admet-elle, avant d’ajouter qu’elle était au courant des « rumeurs ».

« Mais les rumeurs, elles sont faites pour détruire, elles sont faites pour tuer, elles sont faites pour abîmer, donc je les ai ignorées », explique la journaliste qui a été l’épouse de DSK de 1991 à 2013.

« Et puis j’ai eu des doutes. Oui, des doutes dans un couple », reconnaît-elle. « Je suis souvent, quelques fois, venue lui demander si les choses étaient exactes ou pas. Et il savait démentir. Et me rassurer ».

Anne Sinclair s’exprime presque trois ans jour pour jour après le scandale qui avait fait tomber Dominique Strauss-Kahn, alors favori pour représenter le Parti socialiste à l’élection présidentielle française.

Il avait été accusé d’avoir sexuellement agressé une femme de chambre guinéenne, Nafissatou Diallo, dans sa suite de l’hôtel Sofitel à New York.

Dans un autre extrait diffusé sur Francetvinfo.fr, la journaliste déclare à propos de l’accusation de viol proférée par Nafissatou Diallo: « Je n’y ai pas cru, je ne le crois pas et je sais que ce n’est pas le cas ».

DSK avait démissionné le 18 mai 2011, quatre jours après les accusations de Nafissatou Diallo et son arrestation spectaculaire à New York.

Anne Sinclair avait défendu son mari et était restée à ses côtés tout au long de cette affaire, qui a été définitivement close fin 2012 par un accord financier confidentiel entre l’ancien ministre socialiste et l’employée du Sofitel.

« De temps en temps, je me dis : ‘Est-ce qu’elle a vraiment existé, cette histoire ? Est-ce que je l’ai vraiment vécue ou est-ce que ça a été un moment de cauchemar ? (…) Tout a été violent, y compris les réactions de la presse », confie encore Anne Sinclair, dans un autre extrait révélé par le quotidien Le Parisien.

La journaliste, âgée de 65 ans, avait déjà donné des interviews écrites depuis le scandale, mais refusait de répondre directement aux questions sur les frasques sexuelles de DSK, dont elle s’est séparée au printemps 2012.