Une exposition d’art à Pittsburgh présentant le travail d’artistes israéliens, palestiniens et américains, a été annulée après que plusieurs artistes palestiniens se soient retirés de l’exposition, même si les Israéliens avaient déjà accepté se désister.

La description du projet multimédia de Pittsburgh comme une « coopération » et un « dialogue » soulève de vives critiques des Arabes.

« Lieux de passage : frontières, murs et citoyenneté », devant avoir lieu au musée de l’Usine à Matelas de Pittsburgh du 1er juin au 27 juillet, était le point culminant du projet multimédia commun commencé il y a un an par les artistes, a signalé le journal Jewish Chronicle.

Les artistes palestiniens se sont retirés de l’exposition le 29 mai, le lendemain du désistement des artistes israéliens, Emmanuel Witzhum, Dror Yaron et Itamar Jobani, qui voulaient permettre aux Palestiniens de continuer à participer.

Ils souhaitaient les protéger des menaces et des critiques d’une page Facebook en arabe, a expliqué Tavia La Folette, la directrice indépendante de l’exposition, au journal.

La Folette a déclaré que l’emploi des mots « coopération » et « dialogue » dans le descriptif de l’exposition ont déclenché les critiques puisque les mots ont des significations différentes dans le monde de l’art et dans la politique.

« Les artistes palestiniens ont déclaré ‘nous ne pouvons pas participer à cette exposition’, les Israéliens se sont donc retirés », a affirmé La Follette au journal. « L’idée générale derrière le projet était de dépasser la rhétorique politique. Nous devions néanmoins protéger les artistes palestiniens. Cela montre toute l’intégrité des artistes israéliens qui se sont retirés de l’exposition pour les Palestiniens ».

Les artistes avaient voyagé ensemble l’année dernière en Cisjordanie.

Un des artistes palestiniens, Mohammed Musallem, dans un commentaire écrit ensuite en arabe, a critiqué le « lobby juif » de la ville pour l’annulation du spectacle.

« Il nous semble clair que ce que nous avons considéré comme une victoire, se débarrasser des Israéliens de l’exposition, sera durement instrumentalisé par les médias contre les artistes palestiniens. On inventera des accusations contre eux et de fausses histoires », a-t-il écrit.

« A cause des évolutions de la situation, nous étions inquiets que l’exposition continue avec les participants israéliens et américains et qu’ils expriment d’autres mensonges et histoires de médias sionistes dans cet Etat. Nous avons donc demandé aux responsables de l’exposition de nous retirer, ce qui était simple ».

« Nous avons également exigé avec force d’annuler l’exposition dans son intégralité en rappelant que nous serions contents de pouvoir participer à d’autres expositions, mais sans aucune présence israélienne ».

A la suite du retrait des artistes, L’Usine à Matelas et Les Cinéastes de Pittsburgh, les sponsors de l’événement, ont publié un communiqué d’excuses : « L’exposition ‘Frontières, murs et citoyenneté’ a été annulée. Les artistes palestiniens Bashar Alhroub, Manal Mahamid et Mohammed Musallam ont retiré leur participation. Les sponsors et la directrice invitée de l’exposition voudraient présenter publiquement leurs excuses à tous les Palestiniens partout dans le monde pour le malentendu de cette exposition ».

Selon l’article du Jewish Chronicle, aucune excuse publique similaire n’a été faite aux artistes israéliens.