La Maison Blanche a estimé jeudi que l’éventuelle annulation de la rencontre prévue prochainement entre le vice-président Mike Pence et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas serait « contre-productive ».

M. Pence « a toujours l’intention de rencontrer M. Abbas comme prévu », a indiqué à l’AFP un responsable de l’exécutif américain sur fond de rumeurs selon lesquelles le dirigeant palestinien pourrait annuler le tête-à-tête après la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le vice-président américain doit se rendre en Egypte et en Israël dans la deuxième moitié du mois de décembre, une visite qui prend un relief particulier après l’annonce de M. Trump qui a provoqué de très vives réactions du côté palestinien et une large condamnation internationale.

Pour M. Abbas, Washington ne peut plus jouer leur rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens.

« Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix », a-t-il affirmé mercredi peu après le discours du président américain.

Jibril Rajoub, cadre du Fatah et président de la Fédération palestinienne de football à Ramallah, en Cisjordanie, le 12 octobre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

« Le vice-président américain n’est pas le bienvenu en Palestine », a affirmé à l’AFP Jibril Rajoub, cadre du parti palestinien Fatah. « Le président Abbas ne l’accueillera pas à cause de l’annonce (du président Trump) ».

Le président de l’Autorité palestinienne et chef du Fatah, Mahmoud Abbas, n’a pas mentionné la visite de M. Pence dans sa réaction mercredi à la déclaration de M. Trump. Son bureau n’était pas joignable jeudi soir pour réagir aux déclarations de Jibril Rajoub.

Le haut responsable du Fatah, Mohammad Shtayeh, a déclaré jeudi que le président américain Donald Trump n’avait laissé aucune place pour que les frontières de Jérusalem soient à l’avenir négociées.

« Si le président laissait la porte ouverte aux négociations sur les frontières de Jérusalem, il aurait pu dire que les Palestiniens avaient droit à une capitale à Jérusalem-Est », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Beit Jala, près de Bethléem. en Cisjordanie.

« La Jérusalem définie par les Américains est la Jérusalem définie par Netanyahu », a-t-il ajouté.

Shtayeh, qui est un membre éminent de l’équipe de négociation palestinienne depuis le début des années 1990, a expliqué : « Lorsque nous nous référons à Jérusalem, nous nous référons à Jérusalem qui était là avant 1967. »

Les dirigeants palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ».