Le parlementaire issu de la Liste (Arabe) Unie Basel Ghattas a annoncé mardi qu’il allait renoncer à son immunité parlementaire, quelques heures avant un vote prévu à la Knesset sur ce même sujet. Accusé d’avoir transmis des téléphones cellulaires à des prisonniers sécuritaires palestiniens emprisonnés en Israël, Ghattas sera probablement arrêté.

Mercredi, 15 membres du Comité de la Knesset ont voté en faveur de la levée de son immunité parlementaire après que le Procureur Général Avichai Mandelblit a annoncé qu’il y avait suffisamment de preuves rassemblées pour accuser Ghattas d’avoir illégalement introduit les appareils auprès de détenus palestiniens au début de la semaine.

Une séance plénière exceptionnelle avait été programmée jeudi à 16 heures – vingt-quatre heures avant la tenue de la session hebdomadaire habituelle – pour un vote final qui aurait officiellement fait état de la levée de l’immunité de Ghattas.

Dans une lettre adressée avant le vote au président de la Knesset Yuli Edelstein, Ghattas a annoncé qu’il renonçait finalement à son immunité, conformément à la loi portant sur l’immunité parlementaire.

David Bitan, membre de la Knesset, est sorti par les forces de sécurité durant une réunion du Comité consacrée aux accusations lancées contre le Parlementaire de la Liste (Arabe) Unie Basel Ghattas, le 21 septembre 2016  (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

David Bitan, membre de la Knesset, est sorti par les forces de sécurité durant une réunion du Comité consacrée aux accusations lancées contre le Parlementaire de la Liste (Arabe) Unie Basel Ghattas, le 21 septembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

“Le débat du comité a été, comme c’était prévu, conflictuel, politique et a manqué de profondeur. Je ne permettrai pas à ces incitations prononcées à mon encontre de continuer”, a écrit Ghattas.

Malgré un débat houleux au cours duquel plusieurs parlementaires ont été exclus pour perturbations, dont le président de la coalition David Bitan, tous les membres du comité présents ont voté en faveur de la motion, sans abstentions ou objections.

Les deux députés issus de la Liste arabe unie au Comité, Ahmad Tibi et Osama Saadi, n’étaient pas présents lors du débat. Un communiqué émanant du parti a annoncé que la faction boycotterait cette session en raison de résultats qu’elle considérait d’ores et déjà comme acquis.

“Nous avons décidé de ne pas participer à la réunion de la Knesset consacrée à l’immunité de Basel Ghattas car elle s’avère partiale et démagogique, tel un tribunal de terrain dont les résultats sont connus d’avance », a dit le communiqué.

Ghattas a été interrogé mardi par les enquêteurs du service Lahav 433, l’unité nationale chargée des crimes graves au sein de la police israélienne, pour répondre aux allégations selon lesquelles il aurait remis des téléphones cellulaires miniatures et des notes secrètes à deux Palestiniens durant une visite effectuée à la prison de Ketziot dans la journée de dimanche.

L’un des détenus, Walid Daka, est actuellement en train de purger une peine de 37 ans pour le meurtre, en 1984, d’un soldat de l’armée israélienne.

Le membre de la Knesset de la Liste (Arabe) Unie  Basel Ghattas,au centre, arrive aux bureaux de l'unité policière d'enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Le membre de la Knesset de la Liste (Arabe) Unie Basel Ghattas,au centre, arrive aux bureaux de l’unité policière d’enquête Lahav 433 à Lod, le 20 décembre 2016 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Mandelblit a envoyé mercredi matin un courrier en urgence à Edelstein, président de la Knesset, appelant le Comité du Parlement à mettre un terme à l’immunité de Ghattas afin de pouvoir faire avancer l’enquête.

Dans cette missive, Mandelblit a confirmé qu’il y avait un enregistrement vidéo de Ghattas donnant des papiers à Daka et remettant quatre enveloppes à un second détenu, Basel Ben Sulieman Bezre, condamné à quinze ans de prison pour des crimes liés au terrorisme.

Lorsque la visite s’est achevée, les responsables de la prison ont découvert 12 téléphones mobiles, 16 cartes SIM, deux batteries de téléphone et des écouteurs dans les enveloppes, a indiqué le procureur général. Les papiers donnés à Daka ont également été saisis et seront soumis à une traduction, a-t-il ajouté.

Au lieu d’un vote, l’immunité sera maintenant officiellement levée par Edelstein qui annoncera l’intention de Ghattas lors de la plénière, cet après-midi, a expliqué un porte-parole du président.

Une fois l’immunité de Ghattas levée, il devrait être arrêté par la police jeudi en fin de journée.