Ronald Lauder, qui témoignait devant une sous-commission du Congrès consacrée à la montée de l’antisémitisme en Europe, a indiqué que les juifs de cette région du monde, 70 ans après la Seconde guerre mondiale, « vivent à nouveau dans la peur ».

Les « Etats-Unis peuvent et doivent parler haut et fort et condamner clairement ce démon, la haine radicale islamiste des juifs », a-t-il ajouté.

« Ils doivent être en tête pour éteindre ce nouvel incendie de terreur islamiste radicale », a-t-il ajouté en regrettant l’absence d’un haut responsable américain au premier rang de la grande manifestation parisienne contre les attentats à Charlie Hebdo et un supermarché casher en janvier.

M. Lauder et à ses côtés Roger Cukierman, président du CRIF, et Dan Asmussen, de la communauté juive danoise, ont rappelé aux élus américains les récents assassinats de juifs en France, à Paris et à Toulouse, ainsi qu’à Copenhague.

La société danoise « n’a jamais été antisémite et la plupart des menaces contre les juifs danois, comme ailleurs en Europe, viennent de musulmans minoritaires et radicalisés », a insisté M. Asmussen.

Les juifs « sont en première ligne (…) mais ne sont pas les seules victimes » d’une guerre mondiale de « fanatiques barbares médiévaux qui coupent les têtes, lapident les femmes et tuent les enfants », a ajouté M. Cukierman.

Pour le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), les djihadistes n’apprennent pas le djihad dans les journaux ou à la télévision mais « dans les prisons françaises et sur Internet ».

Il a ainsi appelé « nos amis américains » à faire pression sur les fournisseurs d’accès pour « fixer des limites à ce déluge de haine » circulant sur Internet.

Le représentant républicain Chris Smith (New Jersey), qui présidait l’audition, a indiqué qu’il était « horrible » de constater que la sécurité des juifs en Europe était pour la première fois depuis l’Holocauste un « souci primordial ».

« La communauté internationale doit s’attaquer » au problème, a-t-il ajouté, en indiquant que la sécurité des juifs était « extrêmement importante en Europe comme dans le reste du monde ».