La radio publique suédoise SR a présenté mardi ses excuses après une question à l’ambassadeur d’Israël sur la responsabilité des Juifs dans l’antisémitisme, à un moment où les relations suédo-israéliennes sont très tendues.

« Nous présentons nos plus plates excuses pour cette question. Elle induisait en erreur et reportait la faute à la fois sur des individus et un groupe vilipendés », ont écrit trois responsables de la rédaction sur le site internet de la radio.

« La communauté juive a été touchée par un horrible acte de terreur et a toute notre sympathie », ont-ils ajouté.

S’il a été diffusé à l’antenne et a provoqué de nombreuses réactions d’auditeurs choqués, l’échange a été supprimé des archives de la station, et ne pouvait plus être écouté mardi soir.

Selon le quotidien Svenska Dagbladet, la journaliste de SR avait demandé mardi après-midi à l’ambassadeur d’Israël, Isaac Bachman : « Les Juifs eux-mêmes ont-ils une responsabilité dans la progression de l’antisémitisme ? »

« Je rejette purement et simplement la question », avait répliqué le diplomate, immédiatement choqué. « Pourquoi ? », avait interrogé la journaliste. « Il n’y a aucune raison de poser cette question », selon M. Bachman.

La question était posée deux jours après l’attaque contre la grande synagogue de Copenhague, capitale du Danemark voisin. Un Juif de 38 ans qui montait la garde a été tué par un homme identifié par les médias comme un Danois d’origine palestinienne ouvertement antisémite.

Les relations entre la Suède et Israël traversent une passe difficile depuis que Stockholm a reconnu l’État palestinien fin octobre.

Bachman avait quitté la capitale suédoise pendant un mois, rappelé par son gouvernement pour consultations.

En janvier, la radio publique avait déjà été épinglée lorsque l’une de ses journalistes avait dit en direct que les victimes de l’attaque contre Charlie Hebdo à Paris n’étaient pas « innocentes ».

Elle avait immédiatemment présenté des excuses, indiquant que la reporter avait mal choisi ses mots et qu’elle voulait dire que les victimes n’avaient pas été choisies « par hasard ».