Les juifs d’Europe se voient confrontés au danger d’un « nouvel exode » à cause de l’actuelle montée de l’antisémitisme et de l’extrémisme, a déclaré lundi à Prague, le président du Congrès Juif Européen (CJE) Moshe Kantor.

« La communauté juive d’Europe est très proche d’un nouvel exode », a-t-il averti à l’ouverture du 4e forum « Let My People Live » (Laissez mon peuple vivre), organisé à l’occasion du 70e anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau et de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’Holocauste.

« Les juifs sont effrayés par une pression économique, comme c’est le cas en Grèce ou en Hongrie, et par l’islamisme radical », a-t-il dit, appelant à une solution « institutionnelle » comprenant des « changements radicaux » de législation.

Kantor a cité les attentats contre des juifs à Toulouse (sud de la France) en 2012 et au Musée juif de Bruxelles en 2014, ainsi que ceux contre Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris début janvier, pour réclamer la mise en place en Europe d’un organisme de sécurité, similaire au Département de la Sécurité intérieure créé aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

L’Europe a aussi besoin, selon lui, d’un négociateur spécial chargé de la lutte contre l’antisémitisme.

« La minorité juive, qui est la plus ancienne en Europe, est aujourd’hui la seule à être exposée au danger de mort ou d’expulsion », a-t-il affirmé.

Les présidents bulgare Rossen Plevneliev et slovaque Andrej Kiska, ainsi qu’une trentaine de présidents ou vice-présidents de parlements des pays d’Europe prennent part à ce forum organisé par le CJE, le Parlement européen et le président tchèque Milos Zeman.

Une cérémonie religieuse est prévue mardi sur le site de l’ancien camp nazi de Terezin (Theresienstadt), au nord de Prague, utilisé par les nazis comme lieu de transit pour des Juifs avant leur déportation vers Auschwitz et les autres camps d’extermination.

Plus de 150 000 juifs sont passés entre 1941 et 1945 par cette immense forteresse, isolée par de profonds fossés remplis d’eau.

34 000 d’entre eux y moururent, et 87 000 autres après été déportés de Terezin à Auschwitz-Birkenau.