Le président libanais Michel Aoun a appelé vendredi, lors d’une rencontre avec le chargé d’affaires saoudien à Beyrouth, au retour du Premier ministre Saad Hariri qui avait annoncé sa démission depuis Ryad.

M. Hariri, un proche du pouvoir saoudien, n’est pas rentré au Liban depuis l’annonce de sa démission samedi dernier et des rumeurs circulent sur la limitation de sa liberté en Arabie saoudite.

« Le président Aoun a reçu le chargé d’affaires saoudien à Beyrouth, Walid Boukhari, et l’a informé que la manière dont s’est produite la démission de M. Hariri était inacceptable », a indiqué la présidence libanaise dans un communiqué.

Le président de la République « a réclamé le retour du chef du gouvernement au Liban ».

Lisant un discours diffusé par la chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya, M. Hariri avait démissionné le 4 novembre, invoquant la « mainmise » de l’Iran et de son allié au Liban, le Hezbollah, sur les affaires intérieures du pays.

Le Premier ministre, qui a aussi la nationalité saoudienne, a démissionné le jour même de la purge anticorruption qui a abouti à la détention de nombreux princes et hommes d’affaires saoudiens dans le royaume.

La démission de Saad Hariri a pris de court l’ensemble de la classe politique libanaise, jusqu’à son parti et ses conseillers les plus proches.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri pendant une conférence de presse avec le président français Emmanuel Macron à l’Elysée, le 1er septembre 2017. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

M. Aoun a « exprimé son inquiétude concernant ce qui se dit à propos de la situation de M. Hariri » à Ryad, appelant à clarifier « les circonstances » de son séjour dans le royaume, lors d’une rencontre avec les ambassadeurs des pays membres du groupe de soutien au Liban.

Parmi eux figuraient les ambassadeur de France, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et les représentants de l’ONU, de l’Union européenne et de la Ligue arabe.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait fait part dimanche « d’inquiétudes légitimes » en demandant: « Est-il assigné à résidence? Va-t-on le laisser revenir (au Liban)? ».

Vendredi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé que M. Hariri était « libre de ses mouvements » en Arabie saoudite.

La démission de M. Hariri a fait craindre que le Liban, pays aux équilibres communautaires fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences. Le Liban a été entre autres déchiré par une guerre civile entre 1975 et 1990 et par un conflit avec son voisin israélien en 2006.