Israël a annoncé le projet de révoquer le statut de résident des membres de la famille du terroriste.

Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a réagi mercredi, affirmant qu’il défendra les membres de la famille du terroriste qui a tué 4 personnes dans un attentat au camion-bélier, et qu’il portera cette affaire devant la Cour pénale internationale.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a décidé lundi soir de déchoir de leur statut de résident dans le quartier de Jabel Mukaber, à Jérusalem Est, la mère et les 11 proches de Fadi al-Qunbar, le terroriste qui a foncé sur un groupe de soldats dimanche.

Les 12 proches de Qunbar ont été convoqués au ministère de l’Intérieur mardi pour démarrer la procédure de révocation de leur titre de résident. Lundi, la famille a reçu une ordonnance de démolition de leur maison située à Jérusalem Est.

Le ministère des Affaires étrangères de l’AP a qualifié ces mesures de « forme de punition collective à l’encontre du peuple palestinien » et a affirmé qu’il a abordé la question avec d’autre gouvernements, avec les agences onusiennes compétentes et avec des instances internationales.

Si Israël applique cette mesure punitive, l’Autorité palestinienne a affirmé qu’elle porterait l’affaire devant la Cour Pénale internationale.

« Ce que fait [Israël], c’est un crime et une violation du droit international et humanitaire et les mesures répressives d’Israël contre notre peuple, et particulièrement contre les résidents de Jérusalem, sont destinées à les terroriser, à leur rendre la vie impossible, afin qu’ils quittent la ville, ce qui permettrait à l’occupant de créer une majorité démographique juive dans la ville sainte », a affirmé le ministère dans un communiqué.

Les proches du terroriste Ibrahim Fadi al-Qunbar, à leur domicile dans le village de Jabel Muqabar, le 10 janvier 2016 (Crédit : Avi Issacharoff)

Les proches du terroriste Ibrahim Fadi al-Qunbar, à leur domicile dans le village de Jabel Muqabar, le 10 janvier 2016 (Crédit : Avi Issacharoff)

Comme la famille de Qunbar, la majorité des arabes résidents à Jérusalem Est ne sont pas citoyens. Ils sont titulaires d’un titre de résident permanent, et le ministre de l’Intérieur dispose de toute la latitude pour le révoquer.

La révocation du titre de résident signifiera qu’ils n’auront plus le droit de vivre en Israël et n’auront plus accès à la sécurité sociale et au système de santé du gouvernement.

La révocation de titre de résident est une mesure inédite en ce qui concerne les familles des terroristes palestiniens.

Interrogé par le Times of Israel mardi, un proche de Qunbar a déclaré : « Si je frappe mon fils, la police m’arrêtera, n’est-ce pas ? Mais pourquoi dois-je être puni si mon fils fait quelque chose après ses 18 ans ? Quel est l’intérêt ? Pourquoi punir la famille ? Nous n’avons rien fait, nous ne savions rien. »

Pour l’instant, aucun membre de la famille de Qunbar n’a indiqué avoir eu connaissance des projets de l’attentat.

Dimanche, peu après l’attentat meurtrier, un journaliste du Quds News Network a interrogé la sœur du terroriste, et elle a déclaré « Dieu l’a choisi pour être son martyr. Dieu merci. Nous sommes patients et nous remercions dieu pour cela… C’est le plus bel acte qui soit ».

Deri a décidé de révoquer les statuts de résident de la famille après avoir consulté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, des agents du Shin Bet et des membres de l’Autorité des Populations et de l’Immigration.

Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri au Parlement israélien, à Jérusalem, le 7 novembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri au Parlement israélien, à Jérusalem, le 7 novembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Nous devons nous battre de toutes nos forces, et par tous les moyens existants pour empêcher la prochaine attaque », a déclaré Deri. « Désormais, les terroristes qui prévoiront un attentat sauront que leurs familles paieront le prix de leur action. »

Le chef du parti Shas et ministre de l’Intérieur a déclaré à la radio israélienne mardi dans une interview que Qunbar, « un résident israélien, titulaire d’une carte d’identité, est monté à bord de son camion, a vu des soldats et a décidé de leur foncer dessus, de reproduire ce qui s’est passé à Berlin et à Nice. C’est un phénomène que nous devons prendre en charge. »

Qunbar a été abattu sur les lieux de l’attentat, à Armon Hanatziv, un quartier de la capitale.

Les quatre soldats israéliens tués par un attentat au camion bélier à Jérusalem, le 8 janvier 2017. De gauche à droite, le lieutenant Yael Yekutiel, le cadet Shir Hajaj, le cadet Shira Tzur, et le cadet Erez Orbach. (Crédit : via le porte-parole de l'armée israélienne)

Les quatre soldats israéliens tués par un attentat au camion bélier à Jérusalem, le 8 janvier 2017. De gauche à droite, le lieutenant Yael Yekutiel, le cadet Shir Hajaj, le cadet Shira Tzur, et le cadet Erez Orbach. (Crédit : via le porte-parole de l’armée israélienne)

Les quatre soldats tués dans l’attentat, la lieutenante Yael Yekutiel, 20 ans, de Givatayim ; la lieutenante Shir Hajaj, 22 ans, de Maale Adumim ; le second lieutenant Erez Orbach, 20 ans, d’Alon Shvut ; et la second lieutenante Shira Tzur, 20ans, de Haifa ; ont été enterrés lundi.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.