Les avocats de la famille d’un Bédouin tué mercredi dans le sud d’Israël ont annoncé vendredi avoir déposé un recours devant la Cour suprême demandant la restitution immédiate et sans conditions préalables de son corps.

Yaqoub Moussa Abou al–Qiyan a été tué dans des circonstances controversées quand la police est entrée dans le village bédouin d’Umm al-Hiran dans le Néguev (sud) pour y détruire des maisons.

Selon la police israélienne, il a foncé en voiture sur des policiers, tuant l’un d’eux. Des policiers ont riposté et l’ont abattu.

Mais des habitants du village ont affirmé que cet homme roulait doucement au volant de son véhicule quand des policiers ont tiré sur lui.

Une vidéo aérienne fournie par la police semble montrer qu’il a été abattu avant de diriger son véhicule vers le groupe de policiers.

La requête auprès de la Cour suprême appelant à la restitution du corps de Yacoub Moussa Abou al-Qiyan a été déposée par les avocats de la famille, l’ONG Adalah et le député arabe israélien Talal Abou Arar (Liste arabe unie)

Selon les avocats, la famille refuse d’accepter les conditions de la police pour la restitution du corps.

« Ils veulent rendre le corps la nuit et exigent un nombre limité de personnes à l’enterrement, 40 à 50 personnes seulement », a déclaré à l’AFP l’avocat Nadeem Shehadeh de l’ONG Adalah.

Les autorités israéliennes exigent aussi que l’enterrement n’ait pas lieu dans le village de la victime mais dans la ville voisine de Hura, a déclaré M. Shehadeh.

La police a déclaré qu’elle ne rendrait pas le corps avant la fin d’une autopsie et n’a pas confirmé que des conditions avaient été exigées pour le retour du corps.

Israël impose régulièrement des conditions préalables au retour des corps des auteurs d’attaques anti-israéliennes, faisant valoir que leurs funérailles peuvent se transformer en glorification de la violence.

Les quelque 300 000 Bédouins d’Israël, qui vivent souvent dans une grande pauvreté, appartiennent à la communauté des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés en Israël après la création de l’Etat hébreu en 1948.

Les Arabes israéliens représentent 17,5 % de la population et dénoncent des discriminations à leur encontre.