Le syndicat des employés du ministère des Affaires étrangères a appelé dimanche à la grève générale.

Les bureaux du ministère, situés à Jérusalem, ont été fermés ainsi que toutes les ambassades et consulats israéliens à travers le monde.

« Les employés ont entièrement fermé le ministère des Affaires étrangères et les ambassades israéliennes dans le monde, pour la première fois dans l’histoire israélienne, » a indiqué le syndicat dans un communiqué intitulé « La première ligne de défense de l’État d’Israël s’écroule. »

Cette action fait suite à des semaines d’autres sanctions qui ont compliqué les efforts diplomatiques à l’étranger. Les actions ont également empêché la venue de plusieurs visiteurs ne pouvant plus obtenir de visas.

Personne ne sera autorisé à pénétrer le bâtiment du ministère des Affaires étrangères « y compris les dirigeants politiques et l’administration du ministère, » en raison de la grève générale.

Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, a déclaré que le développement de l’affaire était « une décision malheureuse du syndicat, qui reflète l’hystérie. »

L’annonce de dimanche fait suite à un conflit salarial qui dure depuis un mois entre le syndicat et le ministère des Finances, qui pourraient fort endommager la politique étrangère du pays.

Plus tôt ce mois-ci, le syndicat des salariés avait établi de nouvelles sanctions.

Le syndicat se bat en effet pour une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail pour les diplomates travaillant à l’étranger.

Les sanctions auraient déjà forcé plusieurs dignitaires étrangers à annuler leur visite en Israël et des dirigeants israéliens à annuler leurs voyages à l’étranger.

Toute activité dans les 103 ambassades israéliennes du monde a été suspendue jusqu’à nouvel ordre, selon le communiqué.

« Le ministère des Finances a déclaré la guerre aux services étrangers de l’Etat d’Israël et aux diplomates dédiés qui se battent pour l’avenir des Israéliens chaque jour et à chaque heure, » a déclaré Yair Frommer, le chef du syndicat.

« Nous n’accepterons pas l’anarchie intolérable des responsables du ministère des Finances qui mettent en danger les intérêts vitaux d’Israël. »

Le ministère des Finances n’a pas pu répondre avant la publication de l’article.

Selon le syndicat, la grève pourrait sérieusement mettre la sécurité d’Israël en danger. « Israël reste sans protection diplomatique dans l’arène internationale et risque l’isolation internationale, » indique le communiqué.

La dispute salariale, qui a commencé le 4 mars, avec la mise en place de mesures visant à mettre la pression sur le ministère des Finances, a déjà endommagé certaines opérations israéliennes à l’étranger.

Le syndicat n’a cependant pas encore attiré l’attention des médias voulue et n’a pas su empêcher le bon déroulement de visites de hauts dirigeants.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, est arrivé en Israël malgré le refus du ministère des Affaires étrangères d’aider aux préparatifs de sa visite.

Des responsables du ministère avaient déclaré que le pape François Ier avait annulé sa visite prévue en mai, avant que le Vatican n’indique le contraire.

Les ambassades et consulats israéliens n’aident plus les Israéliens à l’étranger et les diplomates ont annulé toute réunion de travail et arrêté toute correspondance diplomatique pro-israélienne.

Cependant, plusieurs ministres étrangers et d’autres responsables ont annulé leur visite en Israël et le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annulé sa visite en Amérique latine.

L’été dernier, le syndicat des salariés avait pris des mesures similaires, qui s’étaient terminées à la fin du mois de juillet quand les diplomates et le ministère des Finances ont convenu de faire appel à un médiateur.

Mais les négociations ont échoué ce mois-ci et aucun résultat n’en est sorti.