Un lobby arabe influent a appelé lundi les communautés arabes à suivre une grève générale pour dénoncer les morts de deux habitants de la ville de Rahat tués lors d’affrontements avec la police.

Dans le cadre de cette grève, organisée par la Haute commission de surveillance arabe, les écoles et les commerces dans les communautés arabes israéliennes devraient être fermés et plusieurs manifestations devraient être organisées pour dénoncer les violences policières.

Le maire de Rahat, Talal al-Krenawi, a exhorté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à « comprendre » la situation, un jour après qu’un homme ait été tué lors d’affrontement pendant l’enterrement d’un autre résident de Rahat qui, lui, aurait été tué la semaine dernière par la police.

« C’est criminel », a déclaré Al-Krenawi à la radio militaire, « ces choses ne peuvent être ignorées ».

« Le Premier ministre a besoin de se réveiller, tout n’est pas que primaires, tout ne tourne pas autour des élections », poursuit-il. « Ce sont des citoyens qui veulent juste vivre, ce sont vos citoyens, Monsieur le Premier ministre, comprenez-le ! ».

Krenawi a ajouté qu’il exigerait qu’une commission d’enquête examine les événements de ces derniers jours, qui ont fait une dizaine de blessés, même parmi les policiers.

La police affirme que la victime de la fusillade, Sami al-Jaar, 20 ans, a été tué lors d’une descente de police pour des crimes liés à la drogue jeudi dernier mais qu’il n’a pas été tué par des tirs délibérés de la police.

La ville entière était en grève dimanche pour dénoncer le décès de Jaar. La grève s’est poursuivie lundi à Rahat, indique Israel Radio.

Le Centre juridique pour les droits des minorités arabes en Israël, Adalah, a critiqué la police qui se montre trop combative lorsqu’elle interagit avec les groupes arabes et les Bédouins, et en particulier contre le problème grandissant des villages bédouins non reconnus dans le sud d’Israël.

« Ces actes meurtriers de la police perpétrés contre les citoyens arabes sont devenus routiniers, et ce n’est pas la première fois que la police israélienne essaie de justifier leurs crimes contre les citoyens arabes en mentant », affirme Adalah dans un communiqué.

« Depuis que le plan Prawner a été mis au placard, la police israélienne est devenue particulièrement violente et agressive envers les citoyens arabes-bédouins et a l’intention ‘de leur apprendre une leçon’ », poursuit le communiqué.

Le plan Prawer, annulé en 2013, appelait Israël à officiellement reconnaître et recenser la grande majorité des implantations bédouines dans le sud, et indemniser les habitants de 35 villages non-reconnus – ce qui équivaut à 30 à 40 000 personnes – qui ont été déplacés des terres appartenant à l’Etat dans des villages construits spécialement pour eux.

Adalah accuse : « De plus, l’unité d’enquêtes sur la police [la police de la police] n’enquête pas sur ces incidents sérieux de manière professionnelle, et cela renforce le sentiment des citoyens arabes qu’ils sont l’ennemi dont le sang peut être versé gratuitement ».

Une personne a perdu la vie et une autre a été sérieusement blessée lors d’affrontement avec la police dimanche à Rahat pendant l’enterrement de Jaar. Vingt autres personnes ont été légèrement blessées pendant ces troubles. Selon Israel Radio, l’homme serait décédé des suites d’une crise cardiaque survenue pendant les affrontements.

La police indique qu’elle a été attaquée par les participants aux funérailles, qui leur ont jeté des pierres, et a dû faire appel à des renforts.

Un policier a été modérément blessé et un autre légèrement blessé. Les renforts se sont rendus à l’enterrement et ont utilisé des méthodes antiémeutes pour disperser la foule.

Selon le récit de la police sur les événements entourant le décès de Jaar, un policier aurait tiré dans les airs après que son équipe ait été attaquée par des pierres alors qu’ils rentraient à Rahat pour arrêter plusieurs personnes pour des crimes liés à la drogue. Jaar, qui se tenait non loin, a été touché.

Une enquête a été ouverte.