Le cabinet a rejeté dimanche un recours contre un projet de loi qui empêcherait la relaxation de prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité sans liberté conditionnelle, éliminant la possibilité d’utiliser les prisonniers comme monnaie d’échange avec les Palestiniens.

Le projet de loi a fait l’objet d’un intense débat lors de la réunion du cabinet, rapporte le site de nouvelles NRG.

Le projet de loi, qui doit encore obtenir un aval de la Knesset, a été approuvé il y a deux semaines, déclenchant une demande d’appel du député de Yesh Atid Yaakov Peri.

Un vote sur l’appel prévu pour la semaine dernière a été retardé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Si elle était approuvée par la Knesset, la mesure, parrainée par les députés Ayelet Shaked (Habayit Hayehudi), Yariv Levin (Likud), David Tzur (Hatnua) et d’autres, interdirait aux dirigeants de proposer une libération de prisonniers en échange de concessions politiques dans les négociations avec les Palestiniens, même si elle ne s’applique qu’à une minorité de détenus.

La libération de meurtriers est devenue l’une des questions les plus controversées au sein de la coalition, qui a procédé cette année à la libération de plus de 100 prisonniers dans le cadre de la dernière série de pourparlers de paix avec les Palestiniens.

Près de 80 prisonniers ont été libérés au cours des neuf mois de négociations avec les Palestiniens, dont bon nombre ont assassiné des Israéliens dans des attentats depuis plus de 20 ans. De nombreux ministres et députés de droite ont menacé de démissionner et de retirer leur parti du gouvernement s’il procédait à la quatrième et dernière libération de prisonniers prévue, qui comprenait des terroristes arabes israéliens.

Le président de Habayit Hayehudi, Naftali Bennett, a salué cette décision, qui selon lui, contribuera à endiguer le terrorisme, garantissant que les personnes emprisonnées pour « graves actes d’assassinat » purgeraient leur peine et ne profiteraient pas d’une éventuelle libération dans de futures négociations.

« Si l’Etat d’Israël ne soutient pas la simple morale dictant que les meurtriers doivent mourir en prison, à partir de là, il n’y aura pas d’autre choix », a-t-il affirmé, ajoutant que l’approbation du projet de loi était une « réponse sioniste » au « gouvernement d’union palestinien de terreur ».

Le gouvernement israélien, a-t-il ajouté, sera « le gouvernement de la guerre contre le terrorisme. »

Shaked, fervente adepte du projet de loi, a déclaré que son approbation finale par le cabinet était « un succès majeur » de Habayit Hayehudi, qui s’est virulemment opposé à la vague de libérations de prisonniers.

Le comité ministériel de Législation avait approuvé le projet de loi le 11 mai, une décision à laquelle Peri a promptement fait appel.

« La proposition vise à permettre à la cour de lier totalement les mains du gouvernement », et compromet son autorité dans des considérations politiques, a-t-il argumenté.