NEW YORK (JTA) – Le FBI et le département américain de la Sécurité intérieure aideront les centres communautaires juifs à renforcer leur sécurité après  16 menaces à la bombe reçues en une seule journée.

Mercredi dernier, une conférence téléphonique s’est tenue entre des responsables du FBI et de la Sécurité intérieure et les dirigeants communautaires juifs américains pour discuter des incidents du lundi précédent, les informer de leur origine. Il fut également question de mettre en place des protocoles de gestion de ces événements. D’autre part certaines communautés ont déjà reçu des financements fédéraux pour assurer leur sécurité.

Les menaces à la bombe, dont aucune ne s’est avérée réelle, ont visé des centres communautaires de la côte-est des États-Unis, ainsi que des écoles. Elles ont entraîné l’évacuation de plusieurs établissements scolaires. Selon les responsables de la sécurité de la communauté juive, certains appels annonçant la présence de bombes étaient pré-enregistrés, d’autres énoncés de vive voix. On ne connaît toujours pas le nombre de responsables de ces menaces.

Les centres communautaires américains concernés sont situés dans le New Jersey, en Floride, en Géorgie, en Caroline du Nord et du Sud, dans le Maryland, le Delaware, le Tennessee et en Pennsylvanie. Plusieurs institutions juives avaient déjà reçu des appels similaires la semaine dernière.

Ce type de menaces simultanées n’ont pas de précédent, a déclaré Paul Goldenberg, directeur de Secure Community Network, l’association affiliée aux Fédérations juives d’Amérique du Nord qui coordonne la sécurité de la communauté juive.

« Nous vivons à présent dans un monde totalement différent des dernières années, a déclaré Goldenberg à JTA. Ce qui est sans précédent, c’est le laps de temps dans lequel nous avons reçu un nombre important de menaces à la bombe. Ces attaquants utilisent la technologie pour intimider et/ou terroriser les communautés. »

Selon Goldenberg, le FBI enquête sur ces menaces.

L’une des communautés menacées, à Wilmington, dans le Delaware, a reçu une menace à la bombe lundi à 11h45, et a évacué près de 200 personnes d’un complexe accueillant quatre associations juives. Tout le monde, des élèves de maternelle de l’école juive aux retraités qui déjeunaient, a dû sortir du bâtiment en quelques minutes. Ils y sont retournés environ 1h30 après.

Seth Katzen, qui préside la Fédération juive du Delaware, a déclaré que les responsables communautaires avaient contacté la police et le FBI, qui ont immédiatement répondu, et que l’évacuation s’était déroulée sans panique.

« Il y a eu de la peur, mais aussi un malaise gérable, a-t-il déclaré à JTA. Chacun a extrêmement bien agi. L’objectif [des menaces] était de créer de la panique et de déranger, ce qui a été réussi. C’est notre nouvelle réalité. »

Evacuation d'un centre communautaire juif après une alerte à la bombe à Miami, en Floride, le 9 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube/CBS Miami)

Evacuation d’un centre communautaire juif après une alerte à la bombe à Miami, en Floride, le 9 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/CBS Miami)

Ni Goldenberg, ni l’Anti-Defamation League (ADL) n’ont lié explicitement ces menaces à la hausse des actes antisémites pendant et après la campagne présidentielle de 2016. Goldenberg a déclaré qu’établir un tel parallèle pourrait être tentant, mais serait prématuré étant donné que le responsable des menaces n’a pas encore été identifié.

La police de New York, ainsi que le Southern Poverty Law Center, ont fait état d’une hausse des crimes racistes suite à l’élection présidentielle de novembre. Goldenberg s’attend à ce que les attaques contre les institutions religieuses augmentent encore en 2017.

Ces deux dernières années, les fédérations juives des grandes zones urbaines ont embauché des coordinateurs, généralement des anciens d’agences de sécurité fédérales, pour garantir que toutes les institutions juives locales étaient sécurisées et préparées aux menaces. Plus de 20 coordinateurs sécuritaires ont ainsi été engagés.

Ces deux dernières années, les fédérations juives des grandes zones urbaines ont embauché des coordinateurs, généralement des anciens des agences de sécurité fédérales, pour garantir que toutes les institutions juives locales étaient sécurisées et préparées aux menaces. Plus de 20 coordinateurs sécuritaires ont ainsi été engagés.

Brenda Moxley, directrice de la sécurité de la communauté de la Fédération juive du grand Miami, a été engagée l’année dernière après avoir été agent spécial adjoint en charge de la branche criminelle du FBI de Miami. Elle s’assure que les plus de 120 institutions juives de la zone sont prêtes pour des incidents comme ceux de lundi. Elle assure également le lien avec les responsables gouvernementaux de la sécurité.

Moxley a déclaré que le besoin de telles procédures avait émergé après les attentats du 11 septembre 2001, et que les institutions juives commençaient à présent à se préparer à répondre aux menaces.

« Tous les jours, il est important d’être vigilant, a-t-elle déclaré à JTA. Il ne s’agit pas d’être paranoïaque, il faut simplement être prêt. »

D’autres soulignent que les institutions juives ont commencé à « renforcer » leur sécurité après l’attaque de 1999 contre un centre communautaire de la banlieue de Los Angeles. Un suprématiste blanc avait ouvert le feu dans la salle du centre et blessé cinq personnes.

En avril 2014, un néonazi de 73 ans avait ouvert le feu contre un centre communautaire de Kansas City, et dans Village Shalom, une communauté de retraités proche du centre. Il avait tué trois personnes.