Le ministère de la Défense a annoncé qu’il suspendait toutes ses relations avec une entreprise soupçonnée d’avoir escroqué le gouvernement de « grosses sommes » d’argent en touchant une rémunération pour un travail jamais exécuté. La police a placé en garde à vue deux suspects supplémentaires.

Au total, 14 personnes ont été interrogées dans cette affaire, dont quatre militaires de carrière.

Lundi, les douze premiers suspects – dont deux officiers de l’armée israélienne – avaient été placés en garde à vue, mais pas détenus. Deux autres personnes ont été arrêtées mercredi.

Selon un communiqué, les dix suspects civils, qui étaient employés par une entreprise responsable de la maintenance des bases militaires, auraient détourné des « sommes importantes » des fonds publics en « se faisant payer pour un travail qui n’a jamais été fait. »

D’autre part, les officiers de l’armée, un lieutenant colonel et un major, sont soupçonnés d’avoir fermé les yeux sur le vol et d’être devenus des « partenaires » du crime, a précisé la police.

Un soldat israélien devant un tribunal militaire. Illustration. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Un soldat israélien devant un tribunal militaire. Illustration. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Le lieutenant-colonel de l’armée israélienne impliquée dans l’enquête a été suspendu de ses fonctions.

Mercredi, la police a arrêté deux autres militaires de profession, un officier et un sous-officier, suspectés d’être impliqués dans cette affaire.

Jeudi, le ministère de la Défense a annoncé qu’il suspendait toutes ses relations avec la compagnie suspectée, le temps que l’enquête progresse.

Une commission, dirigée par le directeur général du ministère Roni Moreno, a décidé « de geler tout contact avec la compagnie, de suspendre les nouveaux appels d’offres et de mettre fin aux transferts d’argent vers la société », selon un communiqué du ministère.

« Au regard de l’évolution de l’enquête, la commission se réunira à nouveau pour déterminer le statut de l’entreprise en tant que prestataire et sa relation avec le ministère de la Défense », poursuit le communiqué.

Le ministère a indiqué qu’il s’agissait de la procédure classique dans les cas où il « réside un doute quelconque » sur un méfait par un employé un directeur, ou un prestataire.

Les noms des suspects, ainsi que toute information permettant de les identifier, et le nom de la compagnie, ont été placés sous embargo.

Le siège de Lahav 433, l'unité anti-corruption de la police israélienne, à Lod. Illustration. (Crédit : Flash90)

Le siège de Lahav 433, l’unité anti-corruption de la police israélienne, à Lod. Illustration. (Crédit : Flash90)

Quatre des suspects placés en garde à vue lundi ont été relâchés. L’un d’entre eux a été assigné à résidence. Les sept autres sont toujours en garde à vue.

Certains d’entre eux devraient être relâchés jeudi, et la police a indiqué que les suspects seraient présentés à la cour du district de Rishon Lezion, qui devra se prononcer sur le prolongement de leur détention.

Lors de l’audience, la police demandera également à ce que la garde à vue des suspects interpellés mercredi soit prolongée.
Le porte-parole de la police a cependant précisé qu’il était « trop tôt pour parler d’une mise en examen. »

L’enquête sous couverture a été menée par l’unité Lahav 433 de la police israélienne, spécialisée dans la lutte contre la fraude. Il a fallu plus d’un an pour que des preuves suffisantes soient collectées et pour interroger les suspects, a précisé la police.

Selon les enquêteurs, les suspects auraient, à plusieurs reprises et sur plusieurs années, demandé des paiements pour un travail jamais effectué.

Les bureaux des suspects ont également été perquisitionnés lundi. La police a saisi des ordinateurs et des documents.