Le nouvel ambassadeur d’Israël en Turquie a présenté lundi ses lettres de créance au président turc Recep Tayyip Erdogan, scellant la normalisation des relations entre les deux pays après plusieurs années de crise, ont indiqué les autorités.

Le premier ambassadeur d’Israël en Turquie depuis 2010 a été accueilli au son de l’Hatikva, l’hymne israélien puis reçu par Erdogan pour une courte cérémonie, dans le palais présidentiel.

Erdogan a également salué Cheryl Naeh, la femme de l’ambassadeur et leur fils de 19 ans.

À l’issue de la cérémonie, Naeh a publié sur Twitter, en anglais et en turc, qu’il était « ravi » d’avoir pu remettre sa lettre de créance à Erdogan et de « commencer une nouvelle phase des relations entre les deux pays ».

Naeh avait déjà été posté à Ankara dans les années 1990. Lors de son arrivée à Ankara jeudi, l’ambassadeur d’Israël s’était dit « très heureux d’être de retour en Turquie en tant qu’ambassadeur ».

« Nous avons beaucoup de travail (…) Je suis impatient de commencer. […] Je voudrais également remercier la Turquie pour son soutien lors de la lutte contre les flammes, la semaine dernière. Nous entretenons une entraide considérable », » avait-il ajouté.

La Turquie, parmi d’autres pays, ont envoyé des avions et des équipements pour aider Israël, en proie à des incendies ravageurs, à venir à bout du millier de feux de forêts qui ont dévasté le pays.

Arrivé la semaine dernière à Ankara, M. Naeh est le premier ambassadeur d’Israël en Turquie depuis l’affaire du Mavi Marmara en 2010 qui a brouillé les relations entre les deux pays pendant six ans.

La crise avait été provoquée par un assaut mené en 2010 par les forces spéciales israéliennes contre le Mavi Marmara, un bateau turc faisant partie d’une flottille humanitaire qui se dirigeait vers la bande de Gaza. Dix militants turcs qui se trouvaient à bord ont été tués.

Après six années de froid durant lesquelles les ambassadeurs ont été rappelés, les deux parties ont accepté en juin de mettre un terme à leur différend à la suite de discussions secrètes dans plusieurs pays tiers.

Au lendemain de la nomination de Naeh, la Turquie a annoncé qu’elle enverrait Kemal Okem, un expert en politique étrangère, et proche d’Erdogan, à Tel Aviv.

Il y deux semaines, le président israélien Reuven Rivlin avait contacté Erdogan par téléphone pour le remercier de son aide dans la lutte contre les incendies. « Avec leur bravoure et leur compétences, vos pilotes ont été d’une grande aide », avait-il dit.

Erdogan avait répliqué que les liens entre Israël et la Turquie était en passe de se renouveler, et l’ambassadeur truc prendra rapidement ses fonctions, selon le Bureau de Rivlin.

« La normalisation des relations entre la Turquie et Israël est capitale pour l’ensemble de la région », avait-il dit à son homologue israélien. Cependant, bien que les liens soient restaurés, le dirigeant turc n’a pas cessé ses critiques à l’encontre d’Israël.

Recep Tayyip Erdogan et Eitan Na'eh, entouré d'une délégation.  (Crédit : Turkish Presidency)

Recep Tayyip Erdogan et Eitan Na’eh, entourés d’une délégation. (Crédit : Turkish Presidency)

« Nos frères palestiniens sont la cible d’une politique incessante d’oppression, de déportation et de discrimination depuis 1948 », a déclaté Erdogan la semaine dernière, lors de la première conférence annuelle de l’association des « Parlementaires pour Al-Quds » à Istanbul. « C’est le devoir de tous les musulmans de s’associer à la cause palestinienne et de protéger Jérusalem », a-t-il ajouté.

En novembre, le président turc avait accusé Israël de tenter de changer le statu quo de la mosquée d’al-Aqsa sur le mont du Temple, à Jérusalem.

Dans une interview avec la télévision israélienne, Erdogan a retiré son affirmation datant de 2014, qui suggérait que l’offensive de l’armée israélienne à Gaza en 2014 était plus barbare qu’Hitler.

Eitan Na'eh remet sa lettre de créance à Erdogan.  (Crédit : Turkish Presidency)

Eitan Na’eh remet sa lettre de créance à Erdogan. (Crédit : Turkish Presidency)

Il ne s’est cependant pas excusé d’avoir invoqué le nom du leader nazi dans ce contexte. Il a affirmé « être bien conscient » des sensibilités, mais qu’il condamne le « barbarie » israélienne à l’encontre des Palestiniens.

« Je ne cautionne pas ce qu’à fait Hitler, et je ne cautionne pas non plus ce qu’Israël à fait à Gaza. C’est pour cela qu’il n’y pas lieu de comparer le deux politiques pour déterminer laquelle est la plus barbare », avait-il déclaré.